Jerry : No, I'll be back.
Kramer : Jerry, it's L.A., nobody leaves. She's a seductress, she's a siren, she's a virgin, she's a whore.
Seinfield, "The Finale"

lundi 31 mars 2014

Stupeur et tremblement

C'est passé aux infos en France : on a connu un bon paquet de tremblements de terre à Los Angeles ces derniers temps dony deux gros dans deux quartiers de Los Angeles. Un 4.4 a frappé Westwood le 17 mars et un 5.1 a frappé La Habra le 28 mars. Ils ont tous les deux été suivis d'un paquet de répliques (aftershocks en anglais, c'est tellement plus cool) dont quelques uns de magnitude 3.

En direct sur KTLA 5

C'est un sujet pratique pour les médias aussi bien français qu'américains : on montre des caméras de surveillance qui tremblent, on interroge trois clampins qui disent que les meubles ont bougé puis on parle en vain de Big One. Alors des petits tremblements de terre vont-il en provoquer un gros ? Mais un tremblement de terre, c'est quoi en fait ? Toutes ces questions ont trouvé réponse dans un excellent article d'io9 mais comme on est sympa, on va en faire un petit résumé en français sur notre blog.

La lithosphère, la couche externe de la Terre, n'est pas homogène. Elle est composée de plusieurs plaques qui bougent. C'est ce qu'on appelle la tectonique des plaques. A l'intersection de ces plaques, le sous-sol est mis à rude épreuve et se retrouve criblé de failles qui peuvent s'étendre sur des kilomètres de profondeur. C'est le cas du sous-sol de Los Angeles dont la faille la plus célèbre, celle de San Andreas, affleure à ciel ouvert. Les plaques continuant de bouger, ces failles accumulent de l'énergie jusqu'au moment où la déformation devient trop forte : une partie de la faille va alors se briser et libérer l'énergie accumulé sous formes d'ondes sismiques. C'est un tremblement de terre.



Quand une faille lâche, les failles avoisinantes se bouffent aussi les ondes sismiques et certaines craquent à leur tour provoquant de nouveaux séismes : ce sont les fameuses répliques. Par contre d'autres vont encaisser l'énergie et vont l'emmagasiner histoire de faire encore plus mal quand elles vont casser.  En clair, si un tremblement de terre libère la pression sur une zone donnée, il va probablement aussi l'augmenter dans d'autres secteurs. Parfois comme ce fut le cas pour La Habra, certains petits tremblements de terre sont suivis par un tremblement de terre majeur. On parle alors de foreshock. Mais il n'est pas vraiment possible de savoir qu'un foreshock est un foreshock avant que le gros tremblement de terre n'arrive.

On en arrive donc au fameux Big One. La prédiction générale est qu'un jour un tremblement de terre vraiment violent (genre de force 9) va frapper le bassin de Los Angeles. Le problème est qu'on ne sait pas quand ni où. Il peut aussi bien arriver demain que dans plus de cent ans. La sismologie est une science encore jeune et on est loin de pouvoir prédire les tremblements de terre. L'United States Geological Survey en partenariat avec de nombreuses universités travaille sur un système permettant de détecter un tremblement de terre quelques secondes voire quelques dizaines de secondes avant qu'il arrive..

Tremblement de terre de Northridge, en 1994. 6.7 sur l'échelle de Richter. C'est une échelle logarithmique donc en gros un séisme de force 7 tremble 10 fois plus qu'un séisme de force 6.

Cela parait très peu mais c'est largement suffisant pour de nombreuses choses : sortir les camions des casernes de pompiers pour éviter qu'ils ne soient bloqués, bloquer au sol les avions qui sont sur le tarmac, couper l'accès aux ponts et aux tunnels, lancer la procédure d'arrêt des machines ou tout simplement dire aux gens de plonger sous les tables. Mais donc on ne vit pas dans la peur du Big One et il ne faut pas quitter le pays dès qu'un tremblement de terre un peu plus costaud que la normale se produit.

Ceci étant dit, il faut être prêt. Cela signifie avoir quelques gallons de flotte en réserve, de la bouffe en conserve pour tenir un siège et une batte de baseball avec des clous. Ah non ça c'est pour l'invasion de zombies. Quand la terre tremble, la pire chose à faire est de sortir de chez vous. Vous risquez de vous bouffer un arbre, une tuile, un poteau ou du verre brisé sur la tronche. Planquez vous sous une table solide et attendez que cela passe.

En général les animaux sentent les tremblements de terre bien mieux que nous. Par exemple le chien du dessus aboie avant qu'on ne comprenne ce qui se passe.  Notre lapin par contre reste impassible. On la comprend : elle est déjà protégée par sa cage qui est sous une table et elle a à manger dans sa gamelle.


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dimanche 30 mars 2014

Madame L.

On a longtemps hésité avant d'écrire cet article mais on pense que c'est un retour d'expérience qui peut être utile. Tout ce qui suit est vraiment arrivé. On évitera juste de mentionner le vrai nom de la personne concernée pour l'appeler juste Madame L.

Ayant une chambre libre dans notre appartement, on la loue régulièrement aux visiteurs de passage. Le prix est vraiment bas compte tenu de notre emplacement et on essaye que les gens se sentent à l'aise. Madame L. nous a contactés en novembre dernier car elle souhaitait venir à Los Angeles pour un mois. On lui a communiqué nos tarifs et elle a décliné en déclarant que c'était trop cher. Seulement on a fait l'erreur de lui donner notre adresse. Un mois passe et on n'a aucune nouvelle. Un soir, Laetitia part s’entraîner et je glandouille sur le PC quand on frappe à la porte. J'ouvre et tombe sur une personnage âgée en pleurs et très confuse avec sa valise sous le bras. Elle m'explique qu'elle avait discuté avec Laetitia pour la chambre mais que cela ne s'était pas fait et qu'elle s'appelle Madame L. Je me souviens vaguement de cela et la fait entrer. Je lui offre un thé et elle me raconte son histoire.

Elle m'explique qu'elle est venu à Los Angeles pour rencontrer son amoureux qui devait l'héberger. Seul problème : personne ne s'est pointé à LAX. Elle a donc fait le trajet jusqu'à Union Station (la gare de train de Downtown) où elle a passé la nuit d'avant. Ne sachant pas vers qui se tourner et ayant conservé notre adresse, elle est venue nous voir. N'ayant pas l'habitude de mettre dehors les vieilles dames qui pleurent, je lui propose de rester quelques nuits le temps de régler la situation. Laetitia rentre peu après et Madame L. lui raconte à nouveau toute son histoire alors qu'elle est encore sur le pas de la porte avec une furieuse envie de prendre une douche et de dîner.

Le lendemain on lui prête un PC portable pour qu'elle puisse aller sur Internet. Petite note en passant : le PC en question avait quelques soucis d’alimentation ce qu'on a expliqué à Madame L. qui a quand même bourriné sur le bouton Power. Le PC est maintenant HS... Bref elle tente de rentrer en contact avec son amoureux sans vraiment de succès. On  essaye de lui faire comprendre que la meilleure option est encore de rentrer en France. Son billet de retour était prévu trois mois plus tard afin de correspondre avec la fin de son visa touriste. Elle appelle donc Air France et elle apprend qu'un changement de billet pour repartir le plus vite possible lui coûtera 300 dollars. Elle ne peut pas payer cette somme vu qu'elle n'a pas un sous. Elle n'a qu'une petite retraite et elle a déjà du emprunter pour venir ici. Mais en théorie, il lui suffisait quelques jours d'attendre que sa retraite arrive sur son compte en banque pour pouvoir payer son retour. Elle décide de trouver une autre solution et de faire un peu de tourisme. Elle nous explique aussi qu'elle nous payera la chambre mais plus tard. On n'y croyait pas trop vu qu'elle avait déjà des dettes et que rester ici n'allait pas arranger les choses.

Parce qu'on est des gens plutôt cool, on l'aide autant qu'on peut : je lui dessine des plans pour qu'elle puisse visiter le quartier, je lui donne une carte, je trouve des horaires de bus, j'appelle des gens en anglais pour elle (oui car forcément elle ne parle quasiment pas anglais) et surtout je lui donne des conseils, le premier étant d'aller au consulat de France. Ce qu'elle fait. Sur place, on lui explique qu'on ne peut pas faire grand chose pour elle et que la meilleure solution est -oh surprise- de rentrer en France. Mais Madame L. a une bien meilleure idée : elle va rester. Elle ne veut pas passer l'hiver en France et trouve que c'est la volonté de Dieu qu'elle soit à Los Angeles. Les disciples de Dieu vont plus tard lui expliquer leur manière de penser. La question est : chez qui rester pendant tout ce temps ? Chez nous c'était impossible. Au delà du fait qu'on lui faisait crédit, la chambre avait été louée par quelqu'un d'autre qui allait arriver sous peu. Elle a donc commencé par regarder les auberges de jeunesse. La moins chère est à 27 dollars la nuit. C'est finalement à peine plus cher que chez nous mais ce sont des dortoirs communs. "Je préfère dormir dehors" nous dira-t-elle.

Sa deuxième idée a été de trouver une famille pour l'héberger en échange ménage ou de baby-sitting, comme une jeune fille au pair mais à 60 ans. On l'a mise en contact avec une association française, on s'est porté garant pour elle par téléphone, elle a assisté à un café-rencontre mais rien n'y faisait. Des gens ont dit oui mais se sont désistés. La date buttoir approchait et il fallait trouver une solution. Elle a donc pensé aux refuges de l'Armée Du Salut. On lui a expliqué que c'était pour les gens avec des vrais problèmes (sans-abris, femmes battues...) et pas les touristes qui cherchent un logement. Elle a quand même appelé et on lui a dit que les refuges d'urgences étaient pleins et que pour les autres il y avait plusieurs mois d'attente. Madame L. s'est ensuite tournée vers la charité chrétienne. Elle n'a pas été déçue. Elle pensait trouver une chambre chez les bonnes soeurs mais ce n'est évidemment pas un hôtel. Elle a pris ensuite contact avec un curé français qui aurait pu l'aider à trouver un logement chez l'habitant. Elle lui a fait faux bond et s'est fait copieusement engueulé par le curé en question. Au final, les gens de l'association française ont discuté entre eux et ont fini par lui trouver une chambre avec une autre personne âgée. Mais cela ne lui allait pas alors elle est partie et elle a trouvé on ne sait comment un appartement vide à East LA dont les proprio acceptaient aussi de faire crédit.

En tout Madame L. est restée deux semaines chez nous. Vu qu'elle est endettée de tous les côtés, on doute voir un jour la couleur du loyer mais ce n'est pas très important. C'est l'exemple parfait de ce qui arrive quand on vient dans un pays étranger sans argent, sans plan clairement défini et sans parler la langue. Pourtant Madame L. était quelqu'un d'éduquée ayant toute sa tête et ayant vécu suffisamment longtemps pour savoir que la vie ne fonctionne pas comme cela. C'était aussi quelqu'un de sans gêne. Elle faisait sécher ses culottes dans la salle de bain parce qu'elle refusait d'aller à la laverie automatique, elle nous interrompait constamment quand on regardait un film, elle faisait la gueule quand on lui demandait poliment d'utiliser le PC dans sa chambre car on avait besoin de la table du salon et elle ne nous a jamais vraiment remerciés.






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lundi 24 mars 2014

10 choses à faire avant de partir vivre à Los Angeles

Vos visas viennent d'être tamponnés sur votre passeport ? Félicitations ! Vous êtes presque prêt à partir vivre à Los Angeles. Il ne reste plus que quelques petits détails à régler histoire de partir le cœur serein vers de nouvelles aventures.

1. Prévenez les impôts.

Après quelques mois à LA, vos amis et votre famille vous auront probablement oublié. Pas l'administration fiscale. Vous aurez beau tenter d'y échapper, Bercy ne vous oubliera jamais. Afin d'éviter des ennuis de retards de paiement ou d'accusation d'évasion fiscale, envoyez une belle lettre aux impôts pour leur expliquer que vous quittez le pays accompagné d'une photocopie de votre visa et si possible de votre contrat chez votre employeur américain. Donnez leur aussi votre nouvelle adresse américaine. Si vous n'avez pas encore de logement, donnez celle de votre lieu de travail.

2. Rendez votre appartement

Dans de nombreux cas, il est possible de diminuer le préavis de trois mois d'une location à un mois. Quitter la France pour déménager dans un pays étranger en fait partie à condition de le prouver (visa + contrat américain). Votre propriétaire n'a pas son mot à dire. Par contre ce rapace va probablement essayer de se rattraper sur la caution sachant que vous partez et que vous n'aurez pas le temps de vous défendre.



3. Résiliez vos abonnements

Internet, téléphone portable, club SM, Canal+... Il est temps de résiliez tous vos abonnements. Il est possible que vous soyez engagés pour 12 ou 24 mois. Mais encore uns fois, quitter le pays est un cas de force majeur qui vous permet de rompre votre contrat sans frais. Profitez en ! Quand vous savez que vous allez partir, changez de téléphone pour en prendre un dernier cri puis rompez votre contrat avant de partir. Là encore, blindez votre lettre recommandée (avec accusé de réception) de résiliation de pièces justificatives. Ne laissez pas la moindre chance à SouFfrirR et compagnie. Attention par contre : pour utiliser votre téléphone aux US, il faut qu'il soit débloqué. Il faut souvent un peu bidouiller pour y arriver donc si vous ne voulez pas vous prendre la tête cherchez sur Internet une boutique qui propose ce service. Les boutiques officielles des opérateurs ont l'obligation de débloquer votre téléphone six mois après son achat. Dans tous les cas, ne conservez pas votre abonnement en pensant l'utiliser sur place. Non seulement cela va vous coûter une fortune mais en plus ce sera super dur de l'annuler à distance par la suite.

4. Ne faites pas sauter la banque

On vous déconseille fortement de fermer vos comptes en France. Il vous seront très utiles pour faire vos premiers achats aux US. Accessoirement, quand vous reviendrez au pays en vacances, avoir un compte français pour permettra de payer sans frais de change. Ceci étant dit, il faut expliquer à votre banque que vous allez changer de pays. Il va donc falloir faire une démarche de changement d'adresse histoire de recevoir les papiers importants et votre nouvelle CB si la précédente a expiré. Profitez-en pour leur demander s'ils ont une banque américaine partenaire et quels sont les frais en cas de paiement à l'étranger et en cas de retrait. Vérifiez aussi que vous pouvez vous connecter à la version online de votre banque et demandez leur la procédure pour faire des retraits vers ou depuis les US.



5. Établissez une procuration

Si vous souhaitez voter pour un incapable pour les prochaines élections, n'oubliez pas de donner procuration à un proche.Vous aurez presque l'impression de participer à la démocratie.

6. Faites vos bagages

Les compagnies comme Air France autorise d'avoir un bagage soute de 23kg et un bagage cabine (sac à dos ou petite valise) de 10 kg. Il est souvent moins cher de payer un deuxième bagage soute en avance (donc 32 kg de plus) que de payer un supplément bagage à l'aéroport. Vérifiez que tous les appareils électroniques (PC portable, chargeur de batterie, sèche-cheveux) que vous prenez supporte le 110V et le 60Hz. C'est précisé sur l'adaptateur secteur ou sur l'appareil en lui-même. Vous aurez tout de même besoin d'un adaptateur : achetez le directement dans une boutique duty free de Roissy. Evitez de prendre de la bouffe : non seulement c'est ridicule (vous allez à LA, pas au Turkménistan) mais en plus c'est probablement interdit (le fois gras). Ne prenez pas non plus trop de vêtements chauds. Ils ne vont pas quitter beaucoup les placards. Par contre faites des provisions de médicaments. Mesdames, si vous prenez la pilule, il est temps de dire à monsieur de repasser aux capotes. La pilule aux US coûte une blinde et est rarement remboursée.



7. Vendez vos affaires

Même si vous ne savez pas pour combien de temps vous partant, ce sera probablement pour au moins un an. A moins que vos parents ou amis aient de la place, louer un garde-meuble pour stocker vos affaires vous coûteront probablement plus cher que de les racheter en revenant. Mais ce n'est pas tout : partir à l'étranger c'est aussi un nouveau départ. Profitez en pour faire table rase et tout vendre. En plus vous allez avoir besoin de cash en arrivant ici. Les fringues que vous adorez ? Dans un an vous les trouverez moche et vous aurez une nouvelle garde-robe. Les fringues que vous aimez vraiment seront votre valise. CDs, DVDs, livres, jeux vidéo ? Spotify, Netflix, Kindle, Steam. Vos meubles Ikea n'ont aucune valeur sentimental. Et on a les mêmes ici. Quant à votre TV/lecteur DVD,chaine hifi... Ils seront dépassés quand vous rentrerez. N'oubliez jamais une chose : vous n'allez peut être pas revenir tout court. Conservez des souvenirs, pas des choses. Dans cette optique, scannez les photos que vous avez faites avant l'ère du numérique et collez les dans votre iPad.

8. Réussissez votre fête de départ

C'est la dernière fois que vous allez voir vos amis avant un bail. Invitez tout le monde, même ceux avec qui vous étiez fâchés. C'est l'occasion ou jamais de passer l'éponge et de créer des nouveaux souvenirs. Si vous avez des personnages âgées dans votre famille, allez les voir avant de partir. Ils ne seront peut être plus là à votre retour.



9. Visitez Paris

C'est plus un conseil pour nos lecteurs venant de province. Tant qu'à monter à Paris pour aller à Roissy, autant en profiter pour passer quelques jours dans notre belle capitale. Prenez aussi une journée pour visiter Versailles, à un demi-heure de Paris avec le RER C.

10. Commencez un blog

Au départ, notre blog était destiné à la famille et aux amis. Mais avec le temps ils ont arrêté de le lire et plein d'inconnus sont venus le lire. Le blog est devenu populaire, on s'est fait de nouveaux amis avec et on prend plaisir à vous faire partager notre quotidien au soleil. On vous souhaite de faire la chose !



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mardi 4 mars 2014

Les visas L1, J1 et H1B

Si vous voulez venir travailler à Los Angeles, c'est très simple : il vous faut un visa. Il est possible de trouver du travail non déclaré mais vous n'aurez aucun statut légal. Cela signifie que vous n'aurez ni papiers ni numéro de sécurité social. Vous serez comme tous les sans-papier dont vous entendez parler en France : vous travaillerez sans protection juridique (donc pas de SMIG, pas de vacances, pas de couverture santé, pas de chômage,...) et la moindre démarche comme passer le permis, trouver un appartement ou ouvrir un compte bancaire sera compliquée voir impossible. Donc on vous déconseille de jouer au con et de passer plutôt par la voix légale. Je vais parler dans cet article des trois visas que je connais le mieux : le J1, le L1 et le H1B.

Le J1 est le visa des stagiaires (internship en anglais), jeunes filles au pair (au pair en anglais) et des post-doc. Il faut commencer par trouver un stage dans une entreprise américaine, un poste dans une famille ou un post-doc dans une université américaine. Si vous partez en VIE, c'est aussi le visa que vous obtiendrez. Il permet de rester 18 mois en temps que stagiaire, 12 en temps qu'au pair et 36 en temps que post-doc. Une fois le poste obtenu, il est temps de remplir la paperasse. Celle du J1 est relativement simple comparé aux autres et ne nécessite pas un avocat. Néanmoins vous gagnerez un temps précieux à passer par un avocat. Le J1 n'est pas soumis à quota et s'obtient à n'importe quel moment de l'année. Si vous obtenez un J1, votre époux/épouse (le mariage gay est reconnu) obtient automatiquement un J2 qui donne le droit de travailler. A la fin de votre J1, il n'est impossible que votre entreprise cherche à vous embaucher et dans ce cas elle devra vous obtenir un H1B. Votre visa est lié votre employeur. Si vous quittez votre travail pour un autre, il vous faut un nouveau visa.

Pour obtenir un L1, il faut que la compagnie pour laquelle vous travailler possède une branche aux US. Commencez par vous renseigner pour savoir si votre entreprise transfert des employés d'une branche à l'autre et demandez si vous pouvez postuler. Il faut généralement travailler un ou deux ans avant de pouvoir prétendre bouger. En théorie, il faut aussi occuper soit un poste de manager soit un avoir des qualifications tellement spécifiques qu'il serait impossible pour un américain de faire votre boulot. En réalité, la plupart des grosses entreprises trichent sur l'intitulé du poste (elles le gonflent) histoire de passer entre les mailles du filet. Si vous obtenez un L1, votre époux/épouse obtient automatiquement un L2 qui donne le droit de travailler. Votre visa est lié votre employeur. Si vous quittez votre travail pour un autre, il vous faut un nouveau visa. Le L1 permet de rester 5 ans aux US pour les travailleurs spécifiques et 7 ans pour les managers. Le L1 n'est pas soumis à quota et s'obtient à n'importe quel moment de l'année. La paperasse est énorme donc vous ne pourrez pas la remplir tout seul. En général, votre entreprise s'en chargera pour vous en passant par un cabinet d'avocats spécialisés. Tous les frais liés au visa sont à la charge de l'entreprise.

Enfin pour tous les autres postes, il y a le H1B. Pour obtenir un H1B, il faut d'abord trouver un poste aux Etats-Unis. Il faut ensuite que la rémunération du poste soit supérieur au minimum légal fixé par une grille. Le salaire dépend du poste mais aussi de l'état. Par exemple un développeur doit gagner au moins 53 000 dollars en Californie. Vous pouvez consulter ces chiffres en ligne. Il faut aussi que l'entreprise accepte de vous sponsoriser c'est à dire de payer les frais liés à l'obtention d'un visa. Comptez entre 2000 et 3000 dollars de frais d'avocat + 1000 dollars de frais de visa + 1000 dollars si vous souhaitez une procédure accélérée. Avec la procédure normale, il faut compter 2 ou 3 mois pour avoir une réponse. Avec la procédure accéléré, il faut compter 2 semaines. Tant que vous n'avez pas la réponse, vous ne pourrez pas partir. Mais ce n'est pas tout. Le visa H1B est soumis à quota et le gouvernement américain n'en délivre que 65 000 par an et n'examine les demandes qu'à partir du 1er avril. Certaines années, il faut plusieurs mois avant d'atteindre le quota. En 2013, dès le 1er avril, il y a eu 124 000 demandes pour 65 000 visas. Le gouvernement a du donc tirer au sort.

Avec un visa H1B, vous pouvez rester jusqu'à 6 ans aux US. Votre conjoint obtiendra un visa H4 qui ne donne pas le droit de travailler. Si elle/il désire travailler, elle devra obtenir un H1B/J1 de son coté ou l'un de vous deux devra obtenir une carte verte. En théorie votre visa H1B est lié à une entreprise. En pratique il est possible de changer de boite. Je l'ai fait en 2013. La procédure est la même que pour le premier visa : vous devez trouver une nouvelle entreprise qui accepte de sponsoriser votre transfert. Mais il y a deux différences fondamentales : le transfert de visa n'est pas soumis au quota des 65 000 et l'administration US est nettement moins regardante. Vous n'avez pas besoin de recevoir le nouveau visa pour quitter votre ancien travail et commencer le nouveau : vous avez juste besoin du reçu de l'administration US disant qu'ils ont reçu vote dossier. En pratique on vous conseille quand même d'attendre la réponse positive histoire d'être sur. Votre ancien employeur ne sera pas informé de la procédure quelle que soit l'issue donc vous n'avez rien à leur dire.

Une fois le visa J1/L1/H1B obtenu, il faudra aller au consulat américain à Paris pour faire tamponner votre passeport. Sans cela, vous ne pourrez pas rentrer sur le sol américain. Si vous obtenez un nouveau visa alors que vous avez déjà un visa et que vous êtes aux US (changement, renouvellement...), vous n'avez pas besoin de rentrer en France pour faire tamponner votre passeport. Par contre si vous quittez le territoire américain, vous êtes obligé de repasser par le consulat américain à Paris pour faire tamponner votre passeport.







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