Jerry : No, I'll be back.
Kramer : Jerry, it's L.A., nobody leaves. She's a seductress, she's a siren, she's a virgin, she's a whore.
Seinfield, "The Finale"

jeudi 1 mai 2014

Corporate America


Autant on adore la Californie pour son climat radieux, sa population chaleureuse, ses coutumes étranges et sa nourriture délicieuse, autant le monde du travail me laisse toujours aussi perplexe. Globalement la population est divisé en trois : 
-le fameux 1% : 1% de la population gagne plus de 400 000 dollars par an (ce qui correspond à la plus haute tranche d'imposition). En moyenne ils gagnent même 1,2 millions de dollars par an
-la classe moyenne : c'est assez dur à définir mais disons que ce sont les gens qui gagnent un salaire supérieur ou équivalent au salaire médian soit 66000 dollars par an en Californie
-la population vivant sous le seuil de pauvreté

Pendant longtemps la classe moyenne américaine était la plus aisée au monde. L'idée était simple : pendant que le 1% s'en mettait plein les fouilles, on promettait à la classe moyenne un accès facile à la propriété, une belle voiture et la possibilité d'envoyer ses enfants à l'université. Cela se traduisait par des salaires décents et un taux d'imposition relativement faible. Evidemment en pratique les choses se sont vite détériorées. Selon une étude du New York Times, le salaire médian n'a pas bougé d'un pouce depuis l'an 2000 alors que dans des pays comme le Canada ou le Royaume Uni il a augmenté de 20%. En clair la classe moyenne américaine ne s'enrichit pas. Elle s'appauvrit même puisque le coût de la vie a lui largement augmenté. Le prix du gallon d'essence tournait par exemple autour d'1,20 dollar en 2000. Il est maintenant à 4,50 dollar.


Le 1% de son côté se porte très bien. Une étude établie conjointement par les universités prestigieuses de Princeton et Northwestern explique que les USA ne sont plus démocratie mais une oligarchie. En clair, le pouvoir est détenue par une élite riche qui vote des politiques qui ne vont que dans leur sens. Sous Reagan puis sous Bush Junior, le 1% s'est voté des réductions d’impôts massives qui ont creusé la dette du pays ainsi que des lois permettant de déréguler la finance ce qui a conduit à la crise financière de 2008.


Bref, la classe moyenne ne peut pas compter sur le gouvernement pour lever le petit doigt pour elle. Quand une mesure sociale passe, c'est toujours un truc plein de consensus dont l'effet est quasiment insignifiant. Prenez la Obamacare par exemple. Elle ne procure par une assurance maladie gratuite et universelle pour tous les américains. Elle facilite juste l'accès à l'assurance maladie mais il faut toujours la payer de sa poche ou de celle de l'employeur s'il est généreux (ce n'est pas obligatoire).


Voilà pour la situation. A partir du moment où l'état ne prend rien en charge, il faut avoir constamment des liquidités pour pouvoir payer ses factures médicales, les études de ses gamins et sa retraite. Par exemple pour la retraire ils ont ce qu'on appelle le 401K. C'est un système qui consiste à mettre de côté chaque mois de l'argent sur un compte spécial et de le toucher quand on prend sa retraite. Si l'employeur est généreux (là encore ce n'est pas obligatoire), il va aussi mettre de l'argent sur votre 401K. Certains employeurs fortunés comme Google donnent même autant d'argent que vous. Il y a aussi un système de retraite par répartition comme en France qui permet de la toucher à taux plein à 62 ans.


Si vous perdez votre boulot, votre vie devient très rapidement un enfer. Vous ne mettez plus de côté pour la retraite. Vous perdez l'assurance maladie du boulot. C'est ce qui m'est arrivé quand j'ai quitté mon précédent boulot. A mon nouveau boulot, il faut 90 jours avant que l'assurance maladie ne prenne effet. Laetitia faisant du roller derby, on ne pouvait pas rester sans assurance. On a donc souscrit au système COBRA qui permet de conserver l'assurance maladie de son précédent boulot pendant un an sauf que cette fois ce n'est pas votre employeur qui paye mais vous. J'ai donc du payer 559 dollars par mois pour une assurance maladie franchement merdique.


Quand on se fait virer, on a le droit à une assurance chômage comme en France sauf que le montant est ridicule. En Californie le maximum qu'on puisse toucher est de 450 dollars par semaine. En clair, si vous n'avez pas d'argent de côté, il faut forcément déménager pour un appartement beaucoup moins cher voir squatter un pote/la famille sous peine de ne pas pouvoir rapidement payer les factures. De plus l'assurance chômage ne dure que 6 mois mais peut être étendue à un an. Accessoirement la plupart des gens ont un prêt étudiant énorme à rembourser.


Comment cela se passe quand on se fait virer ? C'est très simple. Vous êtes convoqué dans le bureau de votre chef ou d'un responsable des ressources humaines. On vous donne un chèque correspondant à vos heures qui n'ont pas encore été payées ainsi qu'aux jours de vacances qui vous restait, vous mettez vos affaires dans un carton et vous êtes escorté vers la sortie. Durée totale de l'ensemble : une heure. Il n'y a pas de préavis et l'employeur n'a pas besoin de raison. Vous pouvez essayer de les attaquer en justice mais le processus est long et vous n'êtes pas sûr de gagner. Quand vous êtes expatrié, vos collègues deviennent rapidement vos amis donc c'est assez dur à vivre surtout quand ils tombent à la pelle...


En clair, votre boulot est constamment précaire et le filet de sécurité au cas où vous vous faites virer est plutôt mince. Du coup la classe moyenne se bouffe entre elle. Très rapidement on passe du mode "travail" au mode "survie'. Cela signifie :

-assurer constamment ses arrières en cas de soucis et avoir des preuves (email et compagnie) qui montrent qu'on a fait son boulot
-monter en grade rapidement : plus vous montez les échelons et moins vous avez de chances de sauter à la moindre baisse d'activité ou au petit incident. Par contre si les problèmes s'accumulent, cela finira par vous retomber dessus. Accessoirement si le chef perçoit que vous êtes une menace, ce n'est pas très bon non plus.
-se rendre indispensable. Sautez sur la moindre occasion de prouvez vos talents, multipliez les casquettes et faites en sorte que les processus importants passent forcément par vous. Une méthode assez vicieuse mais efficace consiste à documenter le moins possible.
Cela ne signifie pas pour autant mentir et marcher sur la gueule des autres. C'est plus une manière de survivre dans un contexte assez étrange.

De manière assez surprenante, rares sont les américains qui appliquent cela. La plupart du temps ils font docilement ce qu'on leur dit de faire mais pas plus, n'ont pas beaucoup d'ambition et stagnent au même poste toute leur carrière. Ils font généralement bien leur boulot mais sont totalement déconnectés des réalités de ce monde. Du coup ils passent d'un boulot à l'autre généralement contre leur volonté et luttent pour avoir un semblant de stabilité. Cette situation crée un stress permanent chez les cadres dont ils ne peuvent pas beaucoup s'échapper du à leurs deux malheureuses semaines de vacances annuelles. Les heures supplémentaires sont plus encadrées qu'en France : on obtient soit une compensation financière soit des RTT. Par contre il vaut mieux éviter de refuser d'en faire.


La seule solution pour sortir de ce système vicieux consiste à obtenir un poste dans une grosse entreprise type Apple et compagnie. L'autre solution est de bosser dans le public. Dans les deux cas, les fameux benefits (assurance maladie, 401K...) sont énormes et les emplois sont bien plus stables. Ce sont ces grosse boites qui mènent la danse dans tous les domaines et qui font la pluie et le beau temps. La plupart des PME font tout pour bosser avec elles ou pour être rachetées par elles. Ce sont elles qui ont les capitaux et il faut montrer patte blanche sous peine de se prendre leur grosse pelle sur le coin de la gueule. Elles s'entendent entre elles sur les salaires et les stratégies, elles s'achètent des politiciens en toute légalité et mentent constamment au public à grands coups de publicités.

Là encore la classe moyenne a subi un lavage de cerveau collectif. Personne ne bouge le petit doigt quand il s'agit de réchauffement climatique mais quand il s'agit de défendre sa marque préférée les gens sont près à faire la queue pour être les premiers à acheter la dernière merdouille technologique. On a progressivement fait entrer dans l'esprit des gens que la consommation est un moyen d'expression et d'auto-affirmation. Alors que non. Vous n'êtes pas votre iPhone ou votre téléviseur Samsung. Ces entreprises se moquent totalement de vous et ne sont intéressés que par votre porte-feuille. Quand j'étais encore dans mon précédent boulot, j'allais prendre mon café chez Black Dog. C'était juste à côté, c'était pas cher, c'était super bon et c'était des indépendants. Une mom and pop store comme disent les américains. La plupart de mes collègues préféraient aller au Starbucks dégueulasse, bien plus cher et 100 mètres plus loin juste parce qu'ils gagnaient des points et qu'ils connaissaient. La peur de l'inconnu et l'attachement à une marque en somme...


J'ai un respect infini pour les artistes et les artisans, globalement tout ceux qui sont indépendants et/ou qui bossent de leurs mains. Au delà du fait qu'ils créent des choses que je ne pourrais jamais faire, c'est encore plus dur aux US qu'en France car des système comme la maison des artistes n'existent pas et la concurrence est encore plus dure. On fait croire aux artistes qui sortent de l'école qu'ils finiront tous chez Pixar tout comme on fait croire aux développeurs de jeu qu'ils bosseront tous chez Blizzard. En réalité les places sont très chères et les désillusions sont grandes. Quant à ceux qui arrivent à rentrer dans ces structures prestigieuses, ils bossent généralement comme des fous pendant quelques années à cause des deadlines irréalistes et finissent par craquer et changer de boulot. Les nouveaux systèmes de financement type Kickstarter changent un peu les choses mais il y a encore du boulot.


Malgré tout cela, les américains continuent de rêver. On en connait beaucoup qui veulent être acteur, scénariste, producteur... mais qui doivent se contenter en attendant d'un boulot classique pour payer leurs factures. Il y a aussi ceux qui pensent qu'en ayant la bonne idée et en rencontrant les bonnes personnes on peut faire fortune. Il y a toujours une volonté d'aller de l'avant, de créer des choses ou de la richesse, de fonder une famille... Les gens ont conscience que le système est faussé mais ne laissent pas tomber. Et dans un sens c'est rassurant. Par contre ils n'essayeront jamais de le changer. L'idée est qu'en acceptant la chose et en se débrouillant bien on finisse par faire partie de ceux qui profitent du système plutôt que de ceux qui le subissent. Et puis après tout la situation n'est pas si grave tant que Game Of Thrones passe à la télé, que le vin coule à flot et que la weed est forte..


Quand ils s'organisent, ils arrivent parfois à créer des syndicats. Ce sont littéralement des mafias. Ces syndicats ne protègent que leurs membres et gare à ceux qui ne respectent pas les règles. Ils sont très présents dans le milieu du cinéma. Par exemple si vous êtes membre de la Directors' Guild Of America (DGA), vous ne pouvez accepter des emplois uniquement approuvés par la DGA. Si vous bossez en dehors de la DGA, vous êtes exclus. Un de nos amis doit employer un faux nom sur des tournages qui ne sont pas affiliés à la DGA... Ces syndicats sont aussi très présents dans les transports. Ils ne font que rarement grève mais quand c'est le cas tout le monde est obligé de faire grève même ceux qui ont envie de bosser. Mais là encore le système est aberrant. La majorité des travailleurs ne dispose pas de syndicat pour se défendre mais les joueurs de hockey ou de football américain ont par contre le leur et font grève pour ajouter quelques millions à leurs contrats...


Quoi qu'il en soit, il faut que les choses changent. Les US ont besoin d'une révolution et vite. La vie sera encore plus dure pour la prochaine génération. Le prix des études et des dépenses médicales va augmenter de plus en plus. Les bouleversements climatiques et les erreurs faites en matière d'agriculture vont rendre les produits de consommation courante de plus en plus chers. La concurrence des pays émergents (Chine, Brésil, Inde, Russie...) va accroître la pression sur le marché du travail. Sans une remise à plat des richesses et des pouvoirs, la civilisation occidentale court droit à sa perte comme l'explique une étude de la NASA.


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41 commentaires:

  1. Wait wait wait! La classe moyenne est définie par un salaire moyen de $66,000/an?!?
    Pas plus tard que la semaine dernière, un type de Adecco m'a ri au nez quand je lui ai dit que je voulais plus que $22/h (soit environ $44,000/an) pour un poste (dans la baie de SF) où il faut au moins un BS. Je l'aurai bouffé. C'est hallucinant le nombre de postes sous-payés pour lequel même avec des études et de l'expérience, tu peux vivre décemment...

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  2. Si tu lis nos articles sur les visas, tu verras que les salires légaux minimum sont assez élevés. Si cette employeur t'avait filé un H à 44k par an, il aurait été entotale illégalité (le visa ne serait probablement pas passé d'ailleurs).

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  3. J'avoue, comme j'étais sous L2 et maintenant sous green card, j'ai zappé les articles sur les visas (c'est déjà un sujet assez déprimant en soi). Merci! Faut que je regarde ces chiffres de plus près. Still, dans mon cas, ce sont des staffing agencies, donc les H sont d'emblée écartés et ils font bien ce qu'ils veulent...
    [sinon, dans mon précédent commentaire, je voulais dire "tu NE peux PAS vivre décemment"]

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  4. Très bon article qui va un peu beaucoup casser le rêve américain de certains mais leur permettra en fin de compte de faire leur choix en toute connaissance de cause.
    Nous sommes français et maintenant canadiens. Nous vivons au Canada depuis 7 ans. Notre fils est maintenant fonctionnaire fédéral et gagne plus de 50 000 $CAD par an (tu l'as dit, une des solutions c'est de bosser dans le public). Il gagne plus que son père et il bénéficie d'énormes avantages sociaux. Il va rester au Canada. Nous allons rentrer en France.
    La vie politique est inexistante ici, les canadiens fuient les débats.
    J'ai essayé de me battre dans mon boulot, je me suis fait virer exactement comme tu le racontes. Il faut le vivre pour le croire.
    Juste pour préciser : tu dis "il n'y a pas de retraite publique comme en France". Je pense que la formulation est inexacte.
    La retraite n'est pas "publique" en France, dans le sens où ce n'est pas l'État qui la paye, c'est toi qui te la payes avec ton salaire qui est mis en commun et redistribué (système par répartition vs système par capitalisation).
    Avais-tu conscience de tout cela avant de quitter la France ? Car les classes moyennes font les frais dans tous les pays de la mondialisation.

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    1. Je dis publique par opposition à privée. C'est l'état qui organise, collecte et redistribue la retraite.

      J'en avais conscience mais pas à ce point. Mon premier contrat américain que j'ai signé en France stipulait que je pouvais êtres viré "for any reason and no reason". Mais c'est véritablement en voyant mes potes se faire virer et en payant mes premières factures médicales que j'ai compris tout le système.

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    2. Non, non, l'État n'a rien à voir avec nos retraites (sauf si tu es fonctionnaire d'État). C'est la branche retraite de la sécu qui collecte, organise et redistribue l'argent prélevé sur nos salaires.
      Cet argent est géré par des syndicats de salariés et de patrons. L'État ne peut en aucun cas y toucher, ce qui a le don de l'exaspérer vu que la somme est énorme.

      Je trouve d'autant plus honnête de ta part d'avoir écrit ce long article !!

      Ceci dit, je ne regrette en rien notre expérience. Ça permet vraiment de mieux comprendre la problématique de l'immigration !

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  5. Benjamin, comment as-tu rebondi alors ?

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    1. Ce n'est pas moi qui ait été viré à chaque fois. Pour le reste le changement de boite pour une plus grosse m'a permis d'avoir une meilleure assurance et un semblant de 401K.

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    2. Non, non, j'avais bien compris qu'il ne s'agissait pas de toi à chaque fois !
      Ceci dit, félicitations pour t'en être si bien sorti ! Il est vrai qu'en Amérique du nord, il est plus facile de rebondir et changer souvent de job n'est pas un signe d'instabilité comme en France !

      "The wire" est pour moi l'une des meilleures séries US !!

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  6. Article intéressant, les envies d'émigration me sont passés de mon côté, en partie parce que je commençai à entrevoir le genre de situations que tu décris. Au final je me fais payer par les américains tout en restant en France et j'ai l'impression que c'est pas plus mal...
    J'attends la suite de tes articles !

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    1. Il en faut pas beaucoup pour te refroidir!! Et cet article n'est qu'un avis parmi tant d'autres...
      enfin...!

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  7. "Il n'y a pas de retraite publique comme en France."

    Si cela s'appelle la Social Security c'est un système par répartition comme en France (à ne pas confondre avec l'assurance santé française malgré leur noms proches). Et si tu paies suffisamment longtemps tu pourras être payé par le gouvernement à la retraite.
    Tu n'avais pas remarqué que ta fiche de paie avait un prélèvement obligatoire social security/medicare/medicaid/assurance invalidité (pour la Californie uniquement) etc.. ?

    Bien entendu beaucoup de gens qui ont les moyens prévoient une baisse de leur niveau de vie à la retraite (les pauvres aussi mais ils ne peuvent rien y faire) et préfèrent mettre de l'argent de côté.

    Le 401K n'est clairement pas le seul moyen de mettre de l'argent de côté pour sa retraite mais c'est un régime "différé" ou tu paies des impôts quand tu dépenses l'argent plutôt que quand tu le gagnes. Dans certains cas c'est gagnant et dans d'autres cas ça ne l'est pas (mais va savoir !). Le principal intérêt étant effectivement le "employer match" qui ressemble à une hausse de salaire non taxée mais, en fait, si (et par certains côtés c'est plutôt un cadeau à Wall street et aux gérants de fonds).

    Est-ce que c'est mieux en France ? c'est différent.. En France il y a un fort chômage. Si tu fais partie d'une certaine catégorie de personne tu ne trouveras pas de boulot ou de logement etc (alors que bizarrement cette même catégorie aurait pu trouver rapidement aux US, au Canada, en Grande Bretagne, etc). Les salaires français sont bas.

    Les salaires de plein de professions sont beaucoup plus importants qu'en France. Ce qui attire les expats bien entendus. Quand tu dois comparer objectivement c'est très compliqué, ce que tu sembles gagner d'un côté, tu le perds de l'autre (vacances, coût de la santé, assurance chômage, coût de l'éducation). Après suivant l'endroit où tu vis la vie est beaucoup plus facile qu'en France, les choses mieux organisées, et beaucoup de biens y sont moins chers, etc.

    Bref à part être biaisé dès le départ pour l'un des pays, on peut décider de faire sa vie dans l'un comme dans l'autre malgré leurs défauts.

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    1. J'ai corrigé la boulette sur la retraite. J'avais oublié la case OASI

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    2. Excellent commentaire, très informatif.

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  8. Encore un détail.
    Puisqu'on parle d'indemnités chômage et d'immigration, il est bien entendu interdit de demander les indemnités chômage (et autres protections comme invalidité, food stamp) quand on est en possession d'un visa temporaire (H1B notamment).

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    1. Et pourtant je cotise comme tout le monde et aux mêmes tarifs...

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    2. Ben oui..

      Tu es un immigré. Tu n'as pas le droit d'être au chomage quand tu as un H1b. Une fois que tu auras la citoyenneté à toi la belle vie de welfare king ! (Kidding of course, la vie de salarié est tout de même un peu meilleure.. )

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    3. Je me sens obliger de faire un +1 à ce commentaire. Je trouve, à titre personnel, assez choquant que dans certains pays (en fait, la France, je ne connais aucun autre pays ou ça soit le cas), on offre allocations et autres subventions (santé, logement et j'en passe) à qui lève la main (papiers ou pas papiers). Comme le dit ce lecteur, en tant qu'immigré (légal ou illégal), on n'a pas les mêmes droit qu'un citoyen (ou résident permanent). Cette excuse de cotisation est purement ridicule. Moi même citoyen US, ainsi que mon bébé, avons eu droit à notre arrivée à certaines aides auxquelles ma femme (green card, mais récemment arrivée sur le territoire) n'a pas eu droit. Je trouve cela parfaitement normal (et elle aussi), et ne comprends pas pourquoi certains s'en offusquent. La générosité a des limites, et l'on voit les résultats obtenus en France (et ceux qui sont passés par leurs bureaux locaux CAF/SECU savent de quoi je parle).

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    4. C'est de l'injustice pure et simple. Je paye autant d’impôts que les américains donc je devrais avoir les mêmes acquis sociaux.

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  9. Bonjour,
    Tout d'abord merci pour ce blog super intéressant.
    Je vous suis depuis des mois et j'ai parcouru l'intégralité de ce blog.
    Je dois dire que la principale qualité de ce blog est l'objectivité de ses rédacteurs.
    Et cet article est pour moi un parfait exemple.
    Dans le pays des extrêmes ils ont le don de passer de l'extremement bon à l'extremement mauvais en un clin d'oeil.

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    1. Je nous trouve très surbjectifs au contraire (d'ou le titre du blog) et ca a posé des soucis à des gens qui s'imaginent lire un journal, mais merci, on devait le faire depuis un moment.

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  10. Bonjour, excellent article.

    Qu'en est-il des différences de salaires entre homme et femme? Car en France les femmes touchent encore 20% de moins à niveau d'étude égale.

    Pour ce qui est du système de retraite, je dirais qu'aux USA les gens savent au moins à quoi s'attendre. En France les retraités d'aujourd'hui sont choqués d'avoir à utiliser l'argent qu'ils avaient mis de côté car ils étaient persuadés qu'ils pourraient en profiter.

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    1. Selon les dernières études, quand un homme gagne un dollar, une femme gagne 77 cents. Cela fait partie d'un problème plus large : la place des femmes aux US et la guerre menée par les républicains contre elles.

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    2. N'importe quoi :)

      Les problèmes ne sont pas si éloignés entre la France et les US, et ne sont certainement pas causés par une guerre des Républicains !

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    3. Ha tiens? alors pourquoi des RepublicainEs se battent pour l'inégalités des salaires pour que je cite '' les femmes puissent se trouver un mari qui gagne plus qu'elles''?

      il faut ouvrir les yeux, les Républicains haissent les femmes et feront tout pour leur retirer tous leurs droits, avortment, égalité sociale etc...
      Il faut être sacrément aveugle et vivre dans une cave pour ne pas être au courant.

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  11. Bonjour,

    Merci pour cet article bien écrit et instructif. Je vis en Angleterre et le système de retraite est semblable au système américain. Par contre, pour toucher ce qui est mis de coté sur le compte retraite par l'employeur, il faut avoir atteint l'age de la retraite. En cas de retraite anticipée, on ne peut pas toucher l'argent, je ne sais pas si c'est pareil aux Etats-Unis.

    Concernant les niveaux de salaire, je ne peux parler que de ce que je ressens en habitant a Londres, ce qui n'est pas représentatif de toute l'Angleterre :
    - le fameux 1% : mais j'ai l'impression que c'est davantage 10% quand je me balade dans le centre de Londres car on ne voit que de super voitures, super apparts, supers maisons, magasins de luxe, j'ai l'impression que c'est pire qu'a Paris, je n'y vois que touristes ou gens apparemment très fortunés! Et non, je ne pense pas que ce soit surtout des traders ou des médecins, mais plutot des oligarches étrangers, des businessmen, des footballeurs, des gens du show business...
    - la classe "moyenne" qui n;a souvent pas les moyens de trouver un appart décent dans le centre car les 10% prennent des apparts a n'importe quel prix et font augmenter loyers et prix de vente au passage...
    - la classe "pauvre" : reléguée en zones 3, 4, 5 du grand Londres...
    Londres est une ville extremement chere je trouve, qui pousse a la consommation de biens "inutiles" ou de produits de grande consommation pseudo bios, pseudo trendy... On ressent une vraie pression d'acheter le nouveau truc a la mode, la derniere fringue qui le fait, de tester le nouveau restau, d'avoir une nouvelle voiture pour paraitre mieux que le voisin... ca rend vite dingue si on se laisse happer la-dedans.

    Niveau boulot, il semble plus facile de monter son entreprise ici, j'ai l'impression que beaucoup de monde a monté sa start-up, sa boutique en ligne et des idées tres simples comme revendre des machines a laver sur le net peuvent vraiment rapporter. Qu'en est-il aux Etats-Unis d'ailleurs ? J'avais l'impression que les gens y osent plus, sont davantage poussés a se lancer ? Mais c'est peut-etre parce que les emplois "standards" sont trop précaires et que monter sa boite ne signifie pas perdre grand chose niveau boulot ? (pas de stabilité de toute facon)

    Et concernant le chomage, c'est 40 livres sterling par semaine tout au plus donc pas intéret a y rester tres longtemps. Il y a quand meme le systeme public de santé qui reste mais vu qu'on ne peut en bénéficier qu'en cotisant un minimum, je ne suis pas certaine qu'on puisse en bénéficier en étant en chomage pendant 2 ans ! Par contre, les classes vraiment pauvres sont, me semble-t-il, aidées : logements sociaux qui leur sont réservées meme dans des batiments de tres bon standing (je n'avais a priori rien contre avant d'avoir des voisins "on benefits" dans mon dernier immeuble et ce fut un enfer), allocs... ce qui est précisément quelque chose qui énerve la classe moyenne. L'impression que, comme souvent ailleurs, c'est la classe moyenne qui trinque car les vraiment riches sont a l'abri et qu'on ne peut rien prendre aux plus pauvres "de toute facon"...

    Enfin voila, tout ca pour dire qu'on se plaint souvent de la France mais que je trouve quand meme qu'au niveau systeme de santé, chomage, c'est l'un des pays ou on est le mieux loti et on s'en rend vraiment compte quand on vit a l'étranger (meme si je ne regrette pas du tout d'etre expatriée, d'autres raisons font que je prefere vivre en Angleterre pour le moment !).

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  12. Salut Laëititia, Benjamin. Super article, très inspiré, qui attire les commentaires. Nous mêmes installés aux US depuis Janvier dernier, je dois avouer que le choc "culturel" a parfois été rude. A Miami, d'une rue à l'autre tu passes d'un quartier superbe à un "ghetto" où je ne daignerai pas m'aventurer la nuit tombée. La répartition de la richesse est parfois grotesque, voire inquiétante. La vie me parait très dure ici aux US, en particulier quand on part de rien. Mais je ne changerai pas le peu que j'ai ici pour la morosité Parisienne, oú Française tout court. Et je précise: nous ne sommes pas expatriés, et sommes arrivés ici sans job, avec un bébé de 7 mois. La France est de mon humble point de vue un immense gâchis, "arguably" le plus beau pays du monde mais devenu invivable par x, y et z circonstances que chacun saura expliquer.

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    1. J'avoue que partout où j'ai vécu en France, il y a de grosses inégalités de repartition des richesses. Rien ne m'a choquée en arrivant ici de ce côté là. A Paris tu passes des tentes sous le périph aux rues hausmaniennes en 10 minutes et il y a des mendiants partout.

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  13. Bonsoir.

    Je tiens à précisé que j'ai vécu 4 ans à l'étranger (2 en UK et 2 en AT (autriche)). Je suis revenu d'un vie de 2 ans en Autriche il y a 3 mois et j'ai trouvé un emploi en informatique dans le sud de la France dans une grande entreprise française qui fait voler des avions. Je lis énormément d'articles sur le système américain / canadien en ce moment (santé, chômage, etc) car j'aimerais (peut-être) tenter encore une expérience en Amérique. De ce que je lis pour le moment en ce qui concerne les US, ça ne me donne guère envie d'entreprendre une quelconque démarche d'immigration vers ce pays. Prenons par ex le système de santé: bien que les US soit le pays qui investit le plus d'argent en matière, leur système de santé l'un des plus médiocre et cher des pays développés (très largement derrière ceux des pays européens). Les avantages sociaux sont risibles comparés à n'importe quel pays européen: 2 semaines de vacances (lol?), aucun congé paternité/maternité, chômage inexistant, un système de retraite franchement nul, .. la liste pourrait continuer. Vous parlez de classe moyenne dans votre article et j'ai pas l'impression qu'il y en ait dans ce pays en 2014 (qu'il y en ait déjà eu une?). Les banques (Goldman Sachs?) et les corporations (Google, Wallmart, etc) tiennent les rênes dans pratiquement tout les domaines et décident des lois. J'ai aussi lu récemment via une étude que les US étaient devenu une oligarchie à cause de la plupart qui étaient passées et qui allaient pratiquement TOUS dans le sens de plus riches et contre les intérêts des plus pauvres. Il y aussi un article sur le net qui explique par exemple que Google exerce une énorme pression à Washington en faisant une lobbying énorme ("google washington lobbying" dans votre moteur de recherche préféré). Bref. En voyant tout ces articles/études qui montrent clairement que les US sont en train de se manger la gueule et que l'américain moyen.. y'en a plus vraiment (soit t'es HORRENDOUSLY wealthy, soit t'es une merde hein), j'aimerais poser une question à l'auteur de ce blog:

    - Qu'est-ce qui vous motive encore à rester dans ce pays ?

    J'ai du mal à comprendre la motivation, en 2014, à vouloir partir d'un endroit où vous bénéficiez de plein d'avantages sociaux (meilleurs système de santé au monde, gratuit, un filet social si vous perdez votre travail, .. je vais pas faire la liste, ça risque d'être long) à un endroit où vous bénéficiez de.. ben de rien en fait, hein?

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    1. Euh... lit le reste du blog ?

      (et puis ce serait gentil de lire l'article plutôt que de mal le paraphraser)

      LA est une ville fantastique, les gens sont charmants, la bouffe est délicieuse, le climat est génial, il y a des tonnes d'opportunités et en 20 minutes de voiture je suis sur une plage au bord du Pacifique.

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    2. On a beau être de gauche, la qualité de vie reste la priorité tant qu'on en a les moyens et les opportunitès.
      On ne va pas rester enterrés dans un endroit qui ne nous plaît pas à cause du "au cas où''.
      Et si on perd le boulot ou qu'on arrive à la fin du visa, et bien... on rentre en France! c'est la pire chose qui puisse nous arriver donc on va pas s'en plaindre du tout.
      C'est les Etats Unis pas l'Irak.

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    3. @Laëtitia: c'est les US pas l'Irak. D'accord. Mais beaucoup de choses ne vont pas aux US depuis une dizaine d'années. Les articles qu'on peut lire ça et là sur l'économie américaine donnent plus l'impression que celle-ci est sur une pente descendante que l'inverse.

      @Benjamin: cool. Mais tout ce que tu listes existe si tu habites près de la French Riviera: climat, opportunités (Sophia Antipolis), nourriture (excellent restaurants à Nice + je suis situé à 1h de l'Italie), plage (20 min de Nice / 10 min d'Antibes + j'habite dans une résidence privée avec piscine). Sorry, j'avais pas vu que tu avais linké vers l'étude de Princeton.

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    4. Si on rentre en France, il y a de grandes chances que ce soit dans le sud. Et puis tu laisses de coté l'argument principale : LA est une ville fantastique.

      Et puis surtout on a refait notre vie ici. Je serais au chômage je reconsidérerais peut être de rentrer en France. Accessoirement le monde du travail n'est pas vraiment mieux en France. Certes les acquis sociaux sont importants mais le climat est morose voir nauséabond. Les gens se marchent dessus, le seul moyen de monter en grade et/ou d'être augmenté est de changer de boulot, les techniques de management sont désastreuses, les politiques de ressources humaines sont inexistantes et la pression sur les cadres est invraisemblable. Ce n'est pas pour rien qu'il y a des vagues de suicides chez Orange ou Renault ou que tout le monde cherche à se barrer...

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    5. Benjamin, très bon commentaire (de mon point de vue), Informé et objectif. Je me reconnais totalement dans ce qui est dit.
      Le sud de la France est, certes, plus agréable que d'autres régions (notamment l'Ile de France), mais je ne pense vraiment pas que ce soit une "terre fertile" pour la jeunesse. Avant d'arriver aux US on a passé une année à coté de Monaco, (nous connaissions déjà très bien le sud-est de la France), et je peux vous assurer que niveau opportunités professionnelles et "fun" en général (pour ne mentionner que ces 2 points de conversation), en Californie on est dans une autre dimension.
      La vie est dure aux US, mais sachez tous les Français que j'ai rencontré (et qui habitent Miami) me disent que pour rien au monde ils ne rentreraient en France. Tous. Un bon nombre d'entre eux, en plus, flirtent dangereusement avec la légalité pour pouvoir rester. Allez savoir.

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    6. Ce que dit Patrice dans son commentaire est exact.
      Il y a un très bon documentaire sur Netflix (et disponible sur Youtube) qui s'appelle "Park Avenue" (fait par nos amis américains en 2012) qui explique très bien comment fonctionne le pouvoir de nos jours et le système du lobbying (c'est effrayant).
      Il mentionne également que les USA ne sont plus "The land of opportunity", sauf si tu fais déjà partie d'une famille riche au départ.
      La middle class, qui servait de "garde prétorienne" pour les riches (expression utilisée par Howard Zinn), a tendance à disparaître (comme dans tous les pays où le système capitaliste règne en maître) au profit d'une société constituée de pauvres et de très riches.

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  14. Bonjour,
    Je découvre votre blog aujourd'hui. Je suis étudiante en Histoire de l'Art et je vais tenter une demande d'internship au Getty (rentrée 2015 ou 2016). Je commence donc doucement à prendre des repères et vos publications sont une mine d'infos => merci!

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  15. J'ai adoré cet article. Je bosse pour une de ces WorldCompany, hors US. Malgré cela, j'ai eu de nombreux ex-collègues américains qui ont vécu les mêmes situations sur chaque plan d'amélioration. Pour redresser le cours de la bourse, rien de mieux qu'une bonne vague de licenciement pour rassurer les investisseurs:)

    Pour préciser, je suis plutôt un démocrate au sens éthymologique du terme, à la différence des politiciens qui se disent l'être et qui sont en fait républicains parlementaires pro-élites.

    La dernière video "Why America is NOT the greatest country in the world, anymore" sonne tellement juste.
    D'ailleurs de quel film vient-elle ?
    "Pour résoudre un problème, faut-il encore reconnaitre avoir un problème" ... Avec une république parlementaire aux 'seuls' des millionnaires et billionaires siègent, on a ce que l'on s'accorde ^^

    A se demander si l'élection de Mitt R. en 2012 aurait pu permettre d'accélérer les choses, quicker downward spiral !!
    A force de s'indigner, les ultra pourraient finir par bouger ?!
    Comme le dit la W3C, "l’ordre naquit du chaos" :S

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    1. L'extrait vient du pilote de la série HBO The Newsroom.

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  16. Merci pour ce poste. Je m'installe aux US ( green card ) et je veux m'assurer de signer un contrat bien négocié qui me permet de profiter de LA ( sans galère à la fin du mois, surtout quand je vois le coût de l'assurance médicale et j'ai pas encore regardeéles loyers autour de MDR /Playa Vista/Culver City !!! ) Toute autre info bienvenue !! xoxo à tous.

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