Jerry : No, I'll be back.
Kramer : Jerry, it's L.A., nobody leaves. She's a seductress, she's a siren, she's a virgin, she's a whore.
Seinfield, "The Finale"

mercredi 22 mai 2013

Nos vies à Los Angeles

Notre quotidien, c'est comment exactement?
On en parle un petit peu de temps en temps, mais ce n'est pas vraiment sensationel. Alors déjà, où vit-on? Ce n'est pas compliqué, on est en plein milieu de la ville de Los Angeles, difficile de faire plus central, on est a mi-chemin entre la mer et Downtown, à la frontière Est de Beverly Hills et la frontière Sud de West Hollywood ( qui sont deux villes séparées de celle de Los Angeles ). On est idéalement situés au bord de Wilshire, et de ses nombreux bus (probablement la ligne de bus qui fonctionne le mieux), dont des directs pour Santa Monica, Downtown ou Hollywood. Voilà pourquoi je n'ai eu le permis qu'au bout d'un an et demi ici et que je me débrouillais sans: c'est possible, comme partout ailleurs, il suffit de bien calculer son coup et de s'installer au bon endroit ( ce n'est pas la même chose en ïle de France? ). Mais honnêtement, on peut faire aussi beaucoup de choses à pied: on a tous un tas de restaurants sur la Third, et on a pas moins de 3 centres commerciaux, dont deux des plus connus à Los Angeles: le Beverly Center et le Grove. On a aussi un pub irlandais, un rooftop bar avec piscine, des supermarchés à la pelle et autres. Comme on est dans un centre hyper actif, Ben va au travail à pied depuis que nous sommes arrivés, ce qui est un luxe inouïe quand on vit ici. On fait la balance entre le loyer et le prix de l'essence, le côté pratique pour moi d'avoir la voiture en permanence, et voilà, c'était décidé.
Mais surtout, alors que Los Angeles n'est pas réputée pour sa culture (mais les gens qui pensent ça ne sont sûrement pas très au courant non plus niveau culture...), on vit en plein "museum row", le rang des musées. Donc encore une fois l'un des musées les plus populaire de la ville: le LACMA. Ca nous permet d'aller voir facilment de super expos mais aussi d'assister à des projections de films rares. Le LACMA, c'est aussi un park où faire sa sieste le week-end, le La Brea tar pits où on peut voir les avancées des fouilles archéologiques exposées ensuite dans le George C. Page museum.

On est pourtant coincés entre deux gros axes routiers, dont la rue la plus fréquentée de Los Angeles ( Fairfax, à éviter au maximum donc ), et surtout, on habite dans le quartier le plus densément peuplé de la ville. Pourtant, le matin, c'est bien par les oiseaux qu'on est réveillés (enfin ou le réveil...).
D'ailleurs, on vit très rarement dans de gros complexes immobiliers à Los Angeles, parce qu'ils sont rares en raison des normes sysmiques. Même si on les voit souvent se faire raser pour être remplacés par des maisons contemporaines, la plupart des petits bâtiments qui abritent les appartements sont assez anciens dans le quartier. C'est donc un endroit très agréable pour se promener à pied et pour y admirer des maisons aux styles typiquement 20's à 40's américain.
D'ailleurs, la marche aussi n'est pas ce qu'il y a de plus réputé aux Etats Unis, mais on a vu BIEN PIRE que Los Angeles de ce côté là. En effet, déjà les voitures ne se garent pas sur les trottoirs, c'est donc bien plus évident de circuler je pense surtout aux poussettes, mais surtout, on a des trottoirs.. Tout le monde se dit bonjour, et il y a parfois de petits attroupements de gens promenant leurs chiens et discutant. L'été surtout (ça commence ce week-end avec Memorial day!) les barbecues démarrent. La différence avec la France? C'est généralement uniquement entre voisins. Les Américains sont tous un peu des expats comme nous, et leur famille est loin aussi. C'est peut-être pour ça qu'on jette tous un oeil les uns sur les autres. D'ailleurs, nous sommes le seul couple dans le voisinage (hormis les nouveaux voisins d'en face qu'on ne connait pas encore vraiment). On habite donc dans une maison divisée en 6 appartements avec un étage, et on vit au rez de chaussée, ce qui nous évite à la fois le froid mais surtout la chaleur en été. On est donc bien confortable.

Nous ne sommes pas vraiment des expats, si on considère qu'un expats à un "pack", c'est à dire que parfois, son loyer est payé, l'école des enfants, l'assurance médicale etc... Ce sont ces gens-là plutôt que vous pouvez vous imaginer vivre dans des grandes villas.
Nous non, nous sommes des gens "normaux", pas aisés mais pas dans le besoin non plus, on est (encore) jeunes et on aime pas vraiment se priver, surtout que tout peut se terminer demain et le retour en France être imminent: on s'en voudrait énormément de ne pas en avoir profité à fond. Du coup non, on ne vit pas dans les Hills, on n'a pas de piscine privée, on n'a pas un grand appart de ouf, Ben n'a pas un salaire a 6 chiffres et on doit vivre à deux dessus car je rappelle que je n'ai pas le  droit de travailler aux Etats Unis. La plupart des Français que nous croisons ont ce pack d'expats, et même si la plupart sont adorables, il y a toujours une sorte de gène ou au moins d'incompréhension. Je ne fréquente pas ceux qui ont pris la grosse tête, vous vous en doutez. On a apparemment une préférence pour les chercheurs dans nos tranches d'âge et salariale!
(- Vous êtes dans quelle fac vous?
- Ha on n'est pas chercheurs...
- Ha bon? Vous faites quoi alors?? )

Du coup, nos semaines sont rythmées par le sport, chacun de notre côté ou tous les deux, les sorties cinémas, les restaurants ( mais on est assez pépères et on aime bien nos habitudes, même si on a des préférences pour les dinners américains, le japonais ou le coréen). Il est aussi rare qu'on aille  pas à la plage le week-end. En gros notre quotidien, c'est boulot, volontariat ou juste glande pour moi, yoga et roller derby, séries télé et films.
On a des vacances et de longs week end de 3 jours ( si ça tombe en week-end, le jour férié est automatiquement reporté au lundi ). On a un éventail d'activités quasi illimité dû à la taille de la ville, donc on essaye de varier au maximum. Mais comme c'est indeed a big city ça se bagarre parfois pour les activités, saisonales surtout. Ainsi on a encore jamais fait de patins a glace en hiver ici ( et T shirt ) car trop de queue, on ne sort jamais ou rarement le week-end, car généralement les bars proposent des trucs intéressants la semaine donc on y va à ce moment-là, et le week-end les entrées sont payantes, il y a la queue etc... Si vous voulez assister à un 4th of July ou l'illumination d'un sapin de Noël, préparez-vous à camper ou à rebrousser chemin. Il est très difficile d'avoir des places de concert par exemple, et il ne faut jamais attendre quand vous vous voulez faire quelque chose: prenez les billets tout de suite, ce sera vendu dans la journnée! Je ne parle pas de l'été, qui est la pire saison selon moi, pas à cause de la chaleur (on adore ça), mais bien à cause des hordes de touristes non stop pendant 4 à 5 mois. L'été, c'est barbecs et le minimum de crapahutage possible.

La vie d'expats est super mais au final, elle dépend beaucoup de votre personnalité de base. Si vous êtes un fêtard, vous resterez un fêtard, si vous êtes pantouflard, vous resterez pantouflard. Donc n'imaginez pas que l'expatriation va changer dramatiquement votre vie. C'est possible, si vous avez un projet solide et que vous savez ce que vous voulez, mais si c'est juste "pour voir", vous risquez de faire plus de sacrifices que de bénéfices. Où que vous alliez vous aller vous heurter à une culture différente, qui vous conviendra ou non. L'expatriation, c'est selon moi plutôt une question d'opportunité. Mais si vous êtes chanceux comme nous, vous pourrez juste découvrir une partie de vous que vous ignoriez jusqu'à présent. Si vous l'êtes moins, vous allez juste souffrir le martyr en attendant d'avoir fait votre temps.

A savoir aussi: Los Angeles par exemple, ça fait rêver pas mal de monde, mais il ne faut pas vous dire que vous allez faire mourir de jalousie tout les gens qui vous connaissent. 95% se fichent complètement de ce que votre vie actuelle représente, vous ne leur manquerez pas vraiment car leur vie à eux n'aura pas changé ( ou en tout cas pas drastiquement comme la vôtre. Je crois que pour ceux qui restent, nous sommes des absents, alors que pour nous, ils sont des souvenirs, comme tout ce qui appartient à notre vie d'avant. Et on aura plutôt l'impression d'un retour dans le passé quand on retourne en France. Ce n'est pas une critique, c'est une impression que beaucoup ressentent, c'est comme ça et c'est tout ) et les problèmes n'auront rien à voir avec les leurs.
Vous serez donc face à vous-mêmes la plupart du temps, donc il faut rapidement se fixer des buts et prendre des décisions pas soit-même, parce que tout ce que vous avez toujours connu est maintenant derrière vous.




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12 commentaires:

  1. He he he, j'imagine bien un(e) petit(e) Zysberg junior venir égayer encore plus le tout ^^

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  2. En fait je crois que la satisfaction d'une expatriation tient surtout a ceci :

    - Si vous vous plaisez la ou vous etes, vous avez beaucoup d'amis, une bonne situation et que vous partez seulement pour voir, ou a cause de stage ou etc., il y a de forte chance qu'il y ai plein de chose qui vont vous deplaire et vous serez ravi de rentrer a la maison.....

    - Si vous n'aimez pas votre vie actuelle, tout depend qu'est ce que vous n'aimez pas.....


    Sinon meme s'il n'y a pas de secret, il faut bien avouer que partir avec un ˝ objectif ˝, etre plutot ouvert d'esprit, et ne pas etre specialement ˝ attache˝ au pays augmentera fortement vos chances de satisfation.

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  3. Je pense que l'expatriation c'est aussi quelque chose qui se fait aussi dans la tête, et si on ne s'y est pas tres bien préparé, tout le reste ne va pas aller! Moi je dois aussi m'installer à Los Angeles bientôt pour très longtemps et je me prepare psychologique depuis des mois pour que ça soit une réussite totale!

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  4. Encore un article très intéressant sur votre quotidien! Je ne commente pas souvent, mais je me régale sur ton blog qui me donne sacrément envie de franchir le pas et de penser à l'expatriation pour de vrai, et pas comme un rêve lointain.
    Merci :)

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  5. Excellent article. vraiment très très bon. je suis "expat" à Barcelone, pas super exotique, mais je comprends le sentiment. Merci pour ton blog vraiment riche, je regrette de ne pas avoir approffondi ma viste de LA, à refaire donc, avec ton blog et un bon guide sous la main. Un jour peut être!

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  6. Tres interessant votre blog. Pleins de choses a savoir. J ai 48 ans et viens de sauter le pas depuis 2 mois et vit a San Francisco avec mon epouse citoyenne
    americaine.

    Merci beaucoup vous me mettez du baume au coeur avec votre Wpnderful blog!

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    1. Merci! Il y a me blog de Laurel a San FRancisco!

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    2. Bonjour Laetitia ainsi qu'a votre epoux.

      J'ai une question a vous poser, la reponse n'est pas pressee. J'ai actuellement un permis international valable 3 annees. Dois je repasser le permis en totalite ou seulement en partie?

      Je vous remercie par avance de votre reponse.

      Passez un merveilleux dimanche!!


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    3. Bonjour Thierry!

      Tout dépend de l'Etat dans lequel vous vivez: en Californie, vous devez repasser le permis californien avant 3 mois (l permis est valable trois mois). Le permis international ne sert a rien dans ce cas, désolée. Sauf peut etre avec un visa touriste de 6 mois? A demander a ambassade dans ce cas.

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    4. Bonjour Laetitia,

      Merci pour votre rapide reponse. C'est tres clair la.

      Bonne journee et bonne continuation.

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  7. très chouette article .. tu as tout dit ... le décalage qui se créé entre ceux qui sont restés .. et le décalage toujous présent avec les gens du cru ..

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