Jerry : No, I'll be back.
Kramer : Jerry, it's L.A., nobody leaves. She's a seductress, she's a siren, she's a virgin, she's a whore.
Seinfield, "The Finale"

samedi 15 septembre 2012

Indie Game : The Movie



Faire des jeux vidéo est particulièrement dur. C'est déjà dur d'en faire quand on bosse dans un gros studio mais c'est encore plus dur quand on bosse tout seul dans son coin. C'est pourtant le quotidien de développeurs indépendants. Leur talent aurait pu les mener chez EA ou Ubisoft mais ils ont choisi de travailler dans des micro-structures histoire de poursuivre leur vision quitte à vivre désargenté et/ou chez les parents.

Lisanne Pajot et James Swirsky, les réalisateurs de Indie Game : The Movie, ont suivi pendant un an les deux développeurs de deux jeux : Phil Fish, le développeur de Fez et Edmund McMillen et Tommy Refenes, les développeurs de Super Meat Boy. On voit aussi Jonathan Blow, développeur de Braid, le premier jeu indépendant à connaitre un gros succès (amplement mérité), succès qui lui est un peu monté à la tête.


Ce n'est pas un film à propos des jeux ou de comment faire les jeux. C'est un film sur les gens qui ont fait ces jeux. Comme ils sont leurs propres patrons, ils doivent tout gérer : développement, promotion, débugging,... et tout une foule de problèmes. Pour les développeurs de Super Meat Boy le principal problème est la date de sortie. Ils ont accepté de sortir le jeu durant un évènement promotionnel en ligne de Microsoft et du coup ils doivent finir le jeu à toute allure. Ils vivent et pensent Super Meat Boy en permanence. Edmund tient assez bien le coup grâce à sa femme mais Tommy devient de plus en plus sombre et aigri. C'est très loin de ce qu'il imaginait quand il est devenu indépendant.

Phil Fish a cumulé tous les problèmes durant le développement du jeu : sa copine l'a largué, son père a eu une leucémie, ses parents ont divorcé, son partenaire financier s'est barré,... Et surtout il est très perfectionniste donc il prend beaucoup de temps pour faire son jeu. Il est reparti de zéro trois fois. Son jeu a été annoncé en 2007 et en 2011 (année de tournage du film), il est toujours loin d'être fini. Du coup il se prend régulièrement des remarques méchantes voir des insultes de la part d'internautes idiots et impatients. Et évidemment il les prend à coeur. Phil devient donc franchement psychotique, antipathique et imbu de lui-même. C'est dur de lui en vouloir mais en temps on n'éprouve pas beaucoup de sympathie pour le bonhomme.



Le plus touchant de la bande est Edmund McMillen qui se livre complètement dans le documentaire, qui parle de son enfance et qui cherche vraiment à exprimer sa vision d'artiste au travers d'un jeu sans pour autant être prétentieux ou hautain. Ceux qui connaissaient Jonathan Blow avant d'avoir vu le docu ne seront pas surpris de découvrir un illuminé complet qui cogne aussi fort qu'il peut sur les gros éditeurs ou même les joueurs qui n'ont pas compris son jeu. La critique des gros studios de dev est assez dure et injuste car les développeurs qui y travaillent sont souvent aussi passionnés et bosseurs que les indé. Les gens qui font les GTA ou les Fallout disent tout autant adieu à leur vie sociale ou leur vie de famille pendant quelques années...

Le film est très touchant et très mélancolique notamment grâce à une réalisation très léchée et une musique sublime de Jim Guthrie. C'est assez décourageant si vous voulez tenter l'expérience mais ça a le mérite d'être réaliste. C'est un joli documentaire si le travail d'artiste et l'auto-aliénation que ça implique. Ca permet aussi de mettre un visage sur ces jeux. Si vous avez un PC ou une Xbox 360, jetez vous sur Super Meat Boy, Fez et Braid. Quant au film, on peut le prendre sur Steam ou directement sur le site officiel.



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