Jerry : No, I'll be back.
Kramer : Jerry, it's L.A., nobody leaves. She's a seductress, she's a siren, she's a virgin, she's a whore.
Seinfield, "The Finale"

lundi 13 août 2012

25 ans de Street Fighter à Echo Park


Longtemps relégués au rang de "passe-temps pour gamins boutonneux", les jeux vidéo sont finalement devenus mainstream et font partie de la culture populaire. Bien sûr, on continue de les accuser d'être responsable de divers maux depuis l'éclatement de la cellule familiale jusqu'aux tueries régulières qui ont lieu aux US. Mais dans l'ensemble, le medium continue de monter dans l'estime du grand public à tel point que la très sérieuse organisation Smithsonian a consacré une expo aux jeux vidéo dans son musée sur l'art américain. Ce ne sont pas les seuls. Les expo fleurissent un peu partout sur différents thèmes. C'est souvent bien trop sérieux, très scolaire et assez coincé mais ça a le mérite d'exister.



Les artistes se sont aussi emparés du medium à commencer par les musiciens. Après tout, la musique des jeux vidéo est une branche de l'électro et les deux se sont toujours auto-influencés aussi bien au niveau style que technique. Les 909 de Roland répondaient à merveille aux synthés balbutiants des jeux vidéo des années 80 tout comme la techno/dance des années 90 était la bande son parfaite de la génération playstation. De nos jours, les artistes pop/électro utilisent souvent la chiptune comme bande sonore, la boucle est donc bouclée. Récemment les concerts de musique de jeux vidéo se sont multipliés, le plus connu étant le Video Games Live.



Dans le textile, on a très bien compris qu'imprimer un motif un peu geek était un bon moyen de le vendre en masse à une population jeune qui n'a plus honte d'avouer préférer passer ses journées devant la console que devant un match de foot. Les jeux vidéo ont même envahi le street art via l'artiste Invader qui colle ses fresques Space Invaders un peu partout dans le monde (à voir : Exit Through The Gift Shop). La synthèse de tout cela est l'organisation iam8bit. C'est à mi-chemin entre le collectif d'artistes, la maison de production et la boîte d'événementiel spécialisée dans le jeu vidéo et largement soutenu par l'industrie vidéoludique.



Le jeu vidéo Street Fighter fête ses 25 ans le 30 août et pour l'occasion, iam8bit a organisé une expo dans ses locaux d'Echo Park, Los Angeles. Baptisée Combo Attack, elle regroupait les oeuvres d'une cinquantaine d'artistes autour d'un thème commun : la fameuse saga de jeux de baston de Capcom. Pour les ignorants, les Street Figthers sont des jeux où deux combattants s'affrontent jusqu'à ce que l'autre soit KO. Capcom a créé toute une galerie de personnages chacun avec son pays d'origine, son histoire et son style de combat. On en est au quatrième opus et c'est toujours aussi bon même si je suis toujours aussi mauvais. Pour plus d'infos, on vous invite fortement à lire Grospixels




Intrigués par le mélange Street Fighter + Los Angeles, on s'est donc rendu au vernissage tout comme beaucoup de curieux. Il y avait donc pas mal de queue pour entrer. La population était divisée entre les fanboys (certains en costume), les hipsters et quelques curieux principalement attirés par la promesse de bouffe et de boisson alcoolisée gratuite. On me fait des compliments sur ma veste Portal 2, je discute beta-testing avec un développeur et une demi-heure après on rentre dans la galerie. Elle se divise en deux espaces : une petite pièce comprenant la majorité des oeuvres et une grande salle avec DJ, bar et projections murales.




Les oeuvres étaient principalement centrées sur les personnages du deuxième opus qui est le plus mythique de tous car c'est celui avec lequel on a grandi. Du coup il est resté très fort dans l'imaginaire collectif de ceux qui étaient ado à l'époque (je ne parlerai pas de la version Megadrive) et qui ont passé des heures à faire des quarts de cercle avec la croix de la Super Nintendo pour balancer des hadokens. Les oeuvres étaient donc quasiment toutes des dessins utilisant différentes techniques montrant Ryu, Ken, Honda... Il y avait quelques très belles pièces et tout était à vendre, les prix oscillants entre plusieurs dizaines de dollars et plusieurs centaines.




Dans la grande salle, il y avait un mur sur lequel était collé une affiche géante reprenant l'intro de la version arcade de SF. Les organisateurs prêtaient aux participants des fausses de boule de feu et leur proposaient de se photographier devant. L'idée était marrante mais elle m'a fait comprendre ce qu'il manquait dans cette expo : le jeu. Et pourtant il y avait des télés qui passaient des montages marrants sur SF 2. Il ne manquait plus que quelques consoles. Dans le cadre d'une expo Beethoven, on n'imagine pas juste regarder des vieilles partitions ou des portraits du compositeur. On s'attend à écouter la 9ème. Ca devrait être pareil pour toutes les expos sur le jv surtout que c'est de loin le media (notez que je n'utilise pas le terme art) le plus interactif. Le meilleur moyen de rendre hommage à un jeu est de continuer d'y jouer.


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