Jerry : No, I'll be back.
Kramer : Jerry, it's L.A., nobody leaves. She's a seductress, she's a siren, she's a virgin, she's a whore.
Seinfield, "The Finale"

lundi 31 octobre 2011

Polaroid Ghost

C'est dans le quartier de Mont Washington, entre le Dodger's stadium et Downtown, que se situe l'histoire.

On a déjà parlé des lieux hantés de Los Angeles, mais cette histoire est très différente des autres, car il est plutôt difficile de se faire un avis sur la question...

En 1985, John Matkowski s'installe dans une maison à flanc de montagne. Un jour de 1992, l'un de ses amis, John Huckert, vient lui rendre son visite avec son nouvel appareil Polaroid. Il prend des photos autour de la maison, mais des formes lumineuses apparaissent toujours sur les clichés, quand il n'en voit pas lorsqu'il prend des photos dans d'autres endroits.





































C'est lors d'une soirée qu'un de leurs amis a l'idée de demander si " quelqu'un " est là, avant de prendre un cliché. Le mot YES se lit alors sur la photo...
Au fil des mois, ils prendront des milliers de clichés, la plupart juste parsemés des petites plumes mais certaines répondant à la question. Lorsque l'un des John demande où le fantôme se trouve lorsqu'il n'est pas ici, il répond: FLUX. Lorsqu'on lui demande si il est gentil ou méchant, il répond: FRIEND.
Le fantôme donne même son nom: WRIGHT:





























Lorsque John demande des précisions sur son identité, Wright répond en latin: Et alia corpus delicti ( entre autres choses, une victime de meurtre ). Les réponses sont en anglais ou en latin. Il faut parfois un film entier avant d'avoir une réponse.

De nombreux experts se sont penchés sur la question, que ce soit des mediums ou des parapsychologues évidemment, des chasseurs de fantômes, mais aussi des spécialistes de l'image et des appareils photos, pour tenter de comprendre comment les petits fils de poussières que l'ont voit au quotidien dans les rayons du soleil, pouvaient se rassembler sur un film pour former des mots. Beaucoup ont essayé de reproduire les images en laboratoire, mais après plusieurs heures de manipulation, le résultat n'était pas aussi clair que sur les polaroid des John.






























D'autres phénomènes se produiront peu à peu, Wright s'étant décrit comme le gardien de la maison. Des feux se déclarent et s'éteignent sans aide ( les épines de sapin sur le toit, dont le feu s'arrêtera spontanément; des câbles électriques dans la maison qui sont ensuite tombés dans un seau rempli d'eau... ). Mais d'autres messages font comprendre à John que Wright est toujours là. Pendant une très mauvaise passe de sa vie, John en sortant de la douche, à vu le mot DON'T inscrit dans la buée de son miroir - mais à l'envers, comme si ça venait de l'autre côté de la vitre. Mais des apparitions aussi sont repérées par les voisins dans le jardin, des silhouettes humaines qui ont l'air d'aller très vite.

A force de recherches ( notamment sur les anciens locataires ), ils en viennent à fouiller sous la maison, et découvre des poteries Indiennes. L'un des parapsychologues à avoir étudié la maison avait senti des âmes très anciennes, mais surtout un corps récent qui pourrait être enterré sous la maison. Malheureusement, difficile de creuser sous la maison qui est sur un terrain en pente, et les deux John ne veulent pas déranger Wright, si il est effectivement dessous, enterré là par son tueur, toujours inconnu.

Evidemment, les sceptiques sont nombreux, et on peut le comprendre car plusieurs questions viennent à l'esprit. Tout d'abord, les deux John sont des réalisateurs, écrivains, et photographes. Ce qui leur donne l'imagination et les connaissances nécessaires pour monter une histoire de fantômes comme celle-ci, qui pourrait au final n'être qu'un projet artistique, ou une expérience sociale. Ensuite, les questions et les réponses posées sont toujours vastes et évasives et donc sujettes à l'interprétation.
D'un autre côté, difficile de vraiment donner une explication logique aux événements. Il y a eu beaucoup de témoins, des vidéos... Il y a eu des tests en laboratoires pour reproduire les polaroids, mais sans résultat. Les films sont toujours neufs et déballés juste avant la séance. Il semblerait que le phénomène se poursuive également sur les appareils photos numériques. Certains ont argumentés avoir vu des livres de latin dans la bibliothèque personnelle, mais ils ont été acheté pour justement traduire les réponses de Wright.
Aujourd'hui et après tellement d'années, la présence de Wright se fait toujours sentir. John a eu plusieurs chiens, et celui qu'il possède actuellement agis bizarrement, il est parfois nerveux et pleure un peu, regarde fixement un point dans la pièce... Bref, John n'a pas besoin de polaroid pour savoir que le gardien de la maison ne partira pas.




































Pour en savoir plus, plusieurs liens.
L'expo Seeing Things qui n'aura plus lieu malheureusement: http://www.drkrm.com/ghost.html ( avec des vidéos, un lien vers le livre de John )

http://www.lysator.liu.se/skeptical/newsletters/Georgia_Skeptic/GS06-04.TXT Un vieux magazine sceptique, qui traite de la technique pour obtenir ce genre de photo ( selon eux ), sans avoir vu le phénomène en vrai, et sans obtenir de vrais résultats ( c'est dommage, on ne les voit pas... ) * spirit writing photographs exposed *

http://www.ghosttheory.com/2008/04/01/polaroids-of-the-dead-los-angeles-ca ( l'histoire dans le détail, des vidéos, des interviews de John... )

Il y a eu d'autres émissions de télévision depuis, mais elles sont plus difficiles à trouver que Sightings ( qui est dans le lien juste au-dessus ).

Voilà, joyeux Halloween à tous! Je ferai un autre article sur notre Halloween, qui a commencé samedi et se termine ce lundi soir.
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dimanche 30 octobre 2011

Notice of filming

Comment repérer les lieux de tournage? Quand vous vous baladez en ville, il y a des grandes chances pour que vous tombiez sur ce genre de petits papiers bleus:


C'est utile notamment si vous habitez dans le coin, car il servent à signaler les rues qui seront fermées, les interdictions de stationner et surtout, les effets spéciaux et bruits, pour que vous ne soyez pas surpris.

De l'autre côté, vous trouverez toutes les informations sur le tournage ( j'ai pris celui-là parce que le tournage était terminé, mais ne les volez pas sinon... ):

 Ici, le nom du studio, le nom de la série ( Castle ), la localisation du tournage. La date des préparations du lieu, la date de tournage, et la date de remballage du matériel. En dessous, les différents effets spéciaux: effets de fumée qui monteront haut, équipements sur les trottoirs, dialogue intérieur, et groupe électrogène.


Plus bas, les rues qui seront fermées, et où on ne pourra ni circuler, ni se garer.

On en trouve assez régulièrement ( hier, tournage de Beverly Hills entre Ogden drive et Genese Avenue, le week-end précédent, tournage ( aucune précision sur les avis de tournage mais peut-être que quelqu'un ici sait ce que c'était! ) à Barnes and Nobles au Grove ). Ca peut toujours être intéressant pour les curieux!
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jeudi 20 octobre 2011

Petersen Automotive Museum

Comme son nom l'indique, le Petersen Museum est le musée de l'automobile de Los Angeles. Situé sur le museum row ( où nous vivons, et où on trouve des musées en tout genre, dont le LACMA ) sur Wilshire Boulevard et Fairfax, il n'est pas évident à trouver au premier coup d'oeil.
Il faut bien deux bonnes heures pour visiter entièrement les trois étages. Il est vraiment recommandé pour les enfants, avec un étage rien que pour eux. Même si vous n'êtes pas fans de mécanique, vous y apprendrez plein de choses.






Oui, bah quoi.


























Mais vous êtes à Los Angeles, et il n'y a pas vraiment besoin d'un musée pour voir de chouettes voitures très rares. Posez-vous sur un banc à Beverly Hills ou marchez le long de Rodeo Drive pour vous rincer l'oeil. D'ailleurs, l'assurance voiture, déjà hors de prix, est plus chère encore si vous vivez à Beverly Hills, car vous avez plus de chances de bousiller une Ferrari ou une Bentley qu'ailleurs. Par contre, je vous conseille d'y choisir votre garagiste. Aucun risque qu'il vous arnaque si vous y venez avec une voiture " classique ". Il a des pigeons plus fortunés!
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lundi 17 octobre 2011

Bientôt



Au pays des Bisounours

 ( et oui, c'est pareil pour les journaux, on met sa pièce, on ouvre la boîte, on prend un seul journal sur la pile, et on referme. J'ai même déjà vu des gens monter dans le bus, aller s'asseoir, chercher de la monnaie dans leur sac et revenir à l'avant du bus pour payer. Sans que le chauffeur ne dise rien )
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mercredi 12 octobre 2011

Photos d'automne

Je triche, les photos sont de France, mais pour le coup, on n'a pas vraiment d'automne ici, donc c'est plus représentatif ( septembre est mon mois préféré en France )


Petit déjeuner français ( je compte breveter le système de morceaux de mouchoirs dans le nez pour dormir et éviter les traces de morve séchée sur la joue au réveil ) ( par contre je n'ai encore rien trouvé pour braver le froid et les nuits de 5 heures de sommeil )

Lecture...

Je pense me trancher les veines ( il n'est pas possible d'avoir internet chez ma mère; j'ai vécu dans les bois jusqu'à mes 18 ans, de toute évidence élevée par des loups ) quand tout à coup, je me souviens...


Si mes souvenirs de la saison 1 de Breaking Bad sont bons..

Centre ville de Metz

Metz, Centre Pompidou

Record de chaleur à Paris, avec 29.9 à Montmartre. Je choisis ce jour pour prendre le métro avec mon sac à dos.

Mau, pour qui j'ai faillit tout plaquer ( nos siestes ronronnantes, nos bisous... )
Saint Germain en Laye, un petit goût de la maison ( on s'y croirait en plus )
Château de Saint Germain en Laye

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jeudi 6 octobre 2011

Expatriation ou fuite?

Pour moi, la différence entre expatriation et immigration est claire: un expatrié quitte son pays par envie, ou besoin. Il veut voir du pays, vivre ailleurs. Il a un projet précis ou non, une idée. Il fonce clef en main, ou au contraire part à l'aventure, quitte à braver les lois du pays qui l'intéresse.

L'immigré part pour sa survie. Il n'a pas d'autre choix. Il fuit un pays en guerre , où il est en danger. Il a besoin d'un refuge immédiat, pour se mettre lui et sa famille à l'abri. Il prend le risque de tout quitter, parfois pour gagner de l'argent dans un pays plus développé que le sien, pour pouvoir envoyer de l'argent à ses proches restés sur place. Ou il veut simplement vivre en paix, avoir la liberté que tous les êtres humains méritent.

Ce sont mes définitions, car dans le dictionnaire, la différence est autre. L'immigré est l'être en mouvement, qui passe une frontière, quand l'expatrié est simplement celui qui vit dans un autre pays que celui de sa naissance.

Pourtant, quand j'entends immigré, je pense aux oiseaux et animaux migrateurs, qui meurent si ils ne font pas leur voyage saisonnier. Ils mourront de froid et de faim si ils ne suivent pas leur instinct parfaitement rôdé, qui leur dit de fuir, pour revenir quand les temps seront meilleurs. Quand d'autres animaux hivernent ou hibernent, en attendant le printemps.

Du coup, l'expatriation peut être vu comme une fuite volontaire. Certains vont juste avoir ce rêve fou de vivre dans un pays lointain depuis longtemps, et vont tout faire pour y parvenir. D'autres n'auront en tête que de réussir leur vie et leurs projets, de gagner de l'argent dans un pays où l'ambition n'est pas mal vu et où ils n'auront pu l'impression d'avoir des bâtons dans les roues. Il n'y a pas forcément fuite du pays d'origine, mais plutôt besoin d'autre chose.

Même dans l'expatriation, on se rend compte de notre chance au quotidien, quand on côtoie de vrais immigrés, des Iraniens qui ont dû fuir leur pays, et qui ont vu leurs enfants exécutés pour leurs idées. Des Coréens, des Ethiopiens, des Arméniens... C'est une part très importante de la ville. Et du pays également, qui a été fondé sur l'immigration. Quand vous demandez à un Américain d'où il vient, il vous dira dans quel état il est né ( ou la ville si c'est en Californie ) et enchaînera sur ses aïeux, " ceux qui sont venus ". C'est vraiment un état d'esprit particulier, qui peut expliquer les nombreuses différences entre les Etats Unis et la France.

Ellis Island


Pour notre part, nous ne sommes pas vraiment dans ces cas là. Je reçois souvent des mails qui me demandent comment nous avons réussi a réaliser notre rêve américain. Mais nous n'avions jamais rêvé, ni même imaginé de venir vivre à Los Angeles un jour. On nous l'a proposé, nous avons dit oui, et c'est là notre seul effort ( ou juste de la chance, mais on ne s'en rend pas vraiment compte tout de suite ).
Je n'ai jamais vraiment voyagé. Je connais bien les Antilles et la Réunion, mais c'est tout. Je ne suis jamais allée en Angleterre ou en Espagne, et j'ai découvert la Turquie et l'Italie quelques mois avant de partir pour Los Angeles. Autant dire que les Etats Unis me semblaient le bout du monde, mais je n'avais pas peur. Le changement était vital de mon point de vue.
J'ai lu quelques guides touristiques sur la ville, j'ai acheté des Bescherelles pour l'anglais et j'ai fait mes valises. J'ai emballé mes cadeaux de mariage tous neufs. Ne sachant pas trop si on partait pour 6 mois ou pour plus longtemps.
Bien sûr que ça a été une révélation d'arriver dans cette ville. Beaucoup de touristes sont tombés amoureux, d'autres le sont déjà sans y avoir mis les pieds. Difficile pour moi ( nous? ) de tenir notre langue et notre surprise. De la jalousie? De la frustration? Je ne sais pas ce qui a poussé les gens à être rabats joie dans un premier temps. " Vous venez d'arriver, vous allez vite voir les défauts ". Un peu comme dans une nouvelle relation ( amicale, professionnelle, ou amoureuse ). Ce serait comme dire à une jeune mère: " oui, il est mignon ton petit bout, mais t'as pensé à ses études? Et si il tourne mal, tu fera quoi? ".

J'ai coupé les ponts avec beaucoup de gens qui ne comprenaient pas que je puisse être heureuse ( la base d'une amitié pourtant ) et j'ai décidé de vivre l'aventure tranquillement, avec mon jeune mari, de nous amuser au maximum sans penser au lendemain... C'est un peu notre île déserte à nous, notre vie unique. Même si on a du mal à se dire " un nouveau départ ". C'est plutôt un départ tout court! Un Américain m'a dit une fois: " c'est une parenthèse pour toi! ". Je lui ai répondu: " non, c'est ma vie d'avant qui était entre parenthèses ".

Je suis bien obligée de mentionner mon arrière grand-père, qui avait lui aussi voulu vivre le rêve américain au début du siècle dernier. Il n'a pas été admis sur le territoire américain à cause d'une maladie, et à dû rentrer en France. Il a rencontré mon arrière grand-mère à Compiègne, en retournant en Lorraine. Je ne sais pas ce qu'il a pu avoir dans la tête à ce moment là. Il faut bien avouer que c'était une autre paire de manches qu'à notre époque! C'était un fan de photographie et de cinéma, j'ai des tonnes de photos et de pellicules de films qui lui appartenaient. Il était infirmier en chef, et j'ai également des photos d'Américains venus les aider pendant la seconde guerre mondiale. Il aurait adoré Los Angeles, sans aucun doute.

( Babu m'a donné envie d'écrire cet article. Sa mort a produit beaucoup plus de commentaires que celle de Steve Jobs, qui était fils d'immigrés syriens )
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lundi 3 octobre 2011

Douces pensées de France



La France, ce pays tant convoité par des hordes de touristes, pays des droits de l'homme, de la liberté, de la bonne bouffe, de la culture, de la philosophie et des arts...

Pourtant la France pour moi, c'est plutôt Groland. Ce sont des gens qui parlent fort, qui se bousculent, ne se regardent jamais, râlent énormément et très vite, et cherchent la bagarre et la provocation. Quand ils chuchotent, vous pouvez en être sûr, c'est de vous qu'ils parlent. De vos chaussures qui sont démodées, de votre jupe trop courte, d'une étiquette qui dépasse, de vos collants noirs alors qu'on est en été... Ils ne se regardent pas, ils se toisent. Et d'ailleurs, ils ne comprennent pas les regards. Si vous les regardez de travers, ils vont juste vous fixer en retour, ne comprenant pas qu'ils vous dérangent. Si vous leur souriez, vous n'aurez rien en retour. Les mots gentils, les attentions du quotidien, les sourires, les petits regards, c'est fini. Sauf si quelque chose se passe mal ( une grève va rendre tout le monde solidaire, un problème à la caisse et votre voisin va vous parler ( bah oui, à qui on se plaint sinon? ) ).

En deux ans, on en oublie des choses! On oublie les gens surtout, ceux qui sont dans la foule, ceux qui sont loin, ceux qui sont près, ceux qui vous servent.
Soudainement, on se souvient... C'est vrai, c'est comme ça ici. J'ai aussitôt les shakras qui se referment, et j'ai rapidement les larmes aux yeux devant tant de méchanceté gratuite. J'ai un petit bout de répit dans le RER quand je vois Paris de nuit. Non, ce n'est pas joli, mais ça ressemble un peu à Los Angeles, alors ça me rassure.
La tour Eiffel est toute petite. La Seine pue. Les touristes m'amusent, ils sont les seuls a dire " pardon" avec a chaque fois un accent différent et c'est vraiment rigolo! On imagine qu'ils ont dû apprendre ce mot en premier pour leur voyage, pour pouvoir s'excuser. Les naïfs.

Pourtant, toute la négativité que je ressens, ce n'est pas une impression générale. L'impression générale est bonne, et je me dis: ce n'est pas si horrible que ça!
Sans dépression, la France serait parfaitement vivable pour moi, et je me dis que si on doit rentrer, je m'en arrangerait très bien finalement, et ça me soulage un peu de penser ça.

Non, ce qui vraiment me laisse un goût amer dans la bouche, ce sont des petits trucs, des petits riens, qui font de la Capitale une jungle, et du reste du pays une sorte de désert pas folichon, où la pharmacienne vous tutoie car c'est une petite ville de campagne, mais vous vouvoie au moment du paiement ( je suis une sale bêcheuse vous me direz ).

Alors oui, ça fait mal au coeur de lire ça, ça fait aussi mal de l'écrire je vous rassure. C'est triste de se souvenir de ce qu'on déteste dans le pays où on est né, et c'est triste de se dire qu'un rien pourrait le rendre vraiment très beau. Les bons côtés que j'y trouve penchent difficilement dans la balance. C'est un peu comme une pièce de monnaie, il y a toujours deux faces. Quelque chose va me plaire ou m'amuser, et quelque chose va le gâcher pratiquement aussitôt.

Je vais être contente de voir un si grand étalage de poissons au supermarché? La vendeuse va être infecte et se plaindre bruyamment parce que finalement on a choisi autre chose ( et insistera bien " c'est pas vrai, vous changez d'avis? " puis à la pesée: " vous êtes SUR, vous prenez ça? " ).

Ces deux jeunes filles sont vraiment très jolies et je regarde le nez parfait de l'une? Elles vont m'insulter quand je descends du métro, parce que j'ai une valise et qu' " en plus je dis pas pardon et je me la pète, zyva " ( ce sont les veines sur le côté de ma cuisse qui ont pété, puisque déjà dans le TGV, tout le monde me regardait galérer avec ma valise sans m'aider. )

La caissière m'a dit bonjour avec un grand sourire? Ha, elle parlait à la femme derrière moi, elles se connaissent...

Il fait vraiment un temps superbe, et je reviens tranquillement des courses à pied avec mon beau-père? Je vais me faire klaxonner et avoir le droit a des bruits de bisous de la part de passagers des voitures qui passent près de nous. Mon beau-père est choqué, il n'avait jamais vu ça.
Et j'avais oublié ce quotidien fait de petites saloperies dans ce genre, qui filent des envies de violence ( heureusement qu'il existe ce fameux doigt du milieu ).

Et les serveurs qui écoutent les conversations et essayent d'y participer alors que m*rde, tu sers le plat et tu te casses! Et ce fameux service français d'ailleurs, où on doit se lever avec sa cruche vide et aller près de la cuisine pour avoir de l'eau. Et faut vraiment être patient, parce qu'on vous répondra probablement avec un soupir.

Il y a des conversations spontanées parfois quand même, mais ça tourne tout de suite au religieux, ou à la politique, et tout le monde sait mieux que tout le monde, et " ya plus de saison ma bonne dame " ou " c'est tous des pourris, moi je vote plus " et des " où va le monde? Dans 50 ans, on sera tous foutus! " ( les commentaires du Figaro ou du Parisien, mais en vrai ).

Vraiment, je suis dans un épisode de Groland, sauf que c'est pas drôle.

Je ris jaune quand je repense à la chouette soirée passée avec Christine et Nils à Paris ( qui tout comme Laurel et Adrien, cherchent à venir à Los Angeles, c'est d'ailleurs là qu'on s'était rencontrés ), où les fumeurs, durant cette soirée très chaude de l'été indien, se mettaient ( exprès?? ) devant la porte ouverte du restaurant! Quand Nils a dû se lever pour demander à trois fumeuses de se mettre plus loin, car la porte sert pour l'air frais, pas la fumée de clope ( autant rester a table dans ce cas ) et que leur réaction a été franchement violente.
Qu'elles m'ont demandé très fort et plusieurs fois si j'étais malade ( bah oui, si t'as pas une bronchiolite ou une muco, tu vas quand même nous faire bouger nos gros c*ls? ), et qu'au final Nils a dû dire que Christine est enceinte de 4 mois pour qu'elles répondent: ha bah, fallait le dire plus tôt!
Et oui, je ne suis pas enceinte, je peux bien supporter la fumée de trois clopes au restaurant après tout, quelle chieuse je fais, franchement. Je ne savais pas qu'il fallait mentir pour avoir un minimum de respect.

Le lendemain on va se prendre une délicieuse glace chez Berthillon ( détestez-moi, expats! ), et là encore, on se fait doubler, non pas par des touristes, mais par deux vieilles peaux Françaises.


Je veux qu'on me demande comment je vais, je veux que le type de la sécurité à l'entrée ne m'attrape plus par le bras pour que j'ouvre mon sac, mais me sourit et me souhaite la bienvenue dans le magasin ( alors que j'ai déjà trois sacs de magasins différents ). Je veux qu'on me demande où j'ai eu ma ceinture, plutôt qu'on s'en moque dans mon dos par pur ennui. Je veux qu'on me dise: "Ho il manque une petite pièce là!" Plutôt que "c'est 21.99 ".
Je veux plus entendre les gardiens de musée se plaindre de leur paye entre eux pendant leurs heures de boulot, alors qu'ils ne savent pas aligner trois mots d'anglais ( dédicace à Laurel, qui l'a remarqué plus que moi au centre Pompidou à Metz ). Je veux un gardien de musée qui s'excuse de ne pas m'avoir compris, alors que j'ai demandé " bathroom" à la place de " restroom" .
Je veux avoir le sourire en revenant chez moi, parce que je ne me lasse jamais des gens qui disent pardon alors qu'on les a poussé...
Je veux me pincer pour savoir si je suis en train de rêver, quand des gens avec poussette s'arrêtent sur le trottoir pour me laisser passer, et encore une fois s'excusent ( d'être dans mon espace vital? Dans mon champ de vision? De me faire faire un détour d'exactement deux centièmes de seconde? Je ne saurai jamais je pense, c'est un réflexe chez eux ).
Je veux m'étonner de ne plus retenir ma respiration quand je passe devant une bande de lycéens ou d'ouvriers en pause déjeuner. M'étonner de me sentir respectée et pas matée comme un bout de viande sur un étalage.

Les bons côtés ( les choses que je n'avais pas vues avant )? Ca va aller vite: je trouve les Françaises très sophistiquées, jolies et bien habillées. J'aime surtout les Noires et les Arabes, qui m'avaient un peu manqué, je l'avoue.
Mais si c'est pour être une connasse, restez en jogging et ne vous lavez plus les cheveux, ça vous rendra peut-être aimables ( j'ai pas tenu longtemps, désolée ).
J'aime les supermarchés immenses, avec deux rayons de papier toilette, et un rayon entier de lessive, et un autre de plaques de chocolat et de gâteaux. Et les barquettes des framboise a deux euros.
J'aimes les éoliennes ( en Lorraine ). Il y en a partout, je trouve ça vraiment magnifique.
Inutile de préciser que je me gave ( avec honte ) d'eau minérale. ( Pas de vin, pas de fromage, pas de pâtisserie... Là-dessus, on ne peut pas dire que la France me manque ).
Les meilleurs cosmétiques du monde et les plus belles chaussures sont français. Je suis vraiment heureuse de ramener des paires à la maison, car vraiment, les Américains ont des goûts de chiottes à ce niveau là. ( par contre, le retour de la fourrure, il va falloir songer à se calmer )


Vraiment, les côtés que je peux pas ( les nouveaux trucs que je n'avais pas remarqués avant non plus ):
-La conduite. Sérieusement, les gens qui me disent que la conduite est infernale à Los Angeles??? Entre la conduite en elle-même qui me fait comprendre le nombres de morts sur les routes chaque année, les voitures vraiment petites ( ça roule vraiment?? Avec des roues aussi petites?? ) et les routes qui me font me sentir comme sur un circuit de karting, et qui surtout me rendent malade, j'ai vraiment hâte d'arrêter de serrer les fesses ( et de cramponner mon sac plastique au cas où ). Et j'ai essayé d'en conduire une de voiture. Une manuelle. Je vais peut-être pas développer.
-Les coupes de cheveux. C'est étrange, et j'ai surtout vu ça en Lorraine, toutes les femmes doivent à tout prix avoir une coupe de cheveux. il faut la couleur qui va avec, généralement de type " un perroquet m'a ch*é dessus". C'est pas un crime de laisser pousser ses cheveux et de ne pas se les colorer.
- Il ne m'a fallut que quelques jours pour redevenir française. C'est à dire ne plus sourire, ne plus dire pardon ( le vrai " pardon ", pas le " je te dis pardon sur ce ton là pour que tu te bouges de mon chemin, mais on dirait que t'es sourd en plus d'être aveugle " )... bref, se mettre au niveau. C'est vraiment déprimant, parce que ça veut bien dire que ça ne changera jamais.

On me répond souvent que je ne parle que de Paris et de la Lorraine, que dans le Nord c'est différent, que dans le Sud c'est différent, que "dans mon petit village de 34 habitants, on est sympa", etc... De 1) je m'en fiche un peu, car je n'y vis pas et je ne pense pas y vivre un jour mais on ne sait jamais. De 2) alors oui, peut-être que les gens y sont sympathiques après tout, mais honnêtement, est-ce qu'on s'y éclate autant qu'à Los Angeles, dans ta petite ville?
Encore une petite semaine dans l'hexagone, pas envie de rester, pas envie de partir non plus.

Donc pour conclure, j'aime beaucoup la France, mais...

( j'aurai aimé illustrer, mais je n'ai pas pris mon câble, donc ça attendra un peu! )
( pour les insultes c'est par mail, les commentaires sont filtrés, merci! )
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