Jerry : No, I'll be back.
Kramer : Jerry, it's L.A., nobody leaves. She's a seductress, she's a siren, she's a virgin, she's a whore.
Seinfield, "The Finale"

jeudi 26 mai 2011

Short Message System: la rue

En France, il y avait une épreuve en particulier pour moi: la rue.
A Nancy déjà, je faisais les premiers frais de mon tout nouveau physique de jeune femme, qui malheureusement, même si il n'est pas fantastique, attire le moindre vautour en manque. Sans être particulièrement jolie, ni maquillée de façon outrancière, ni habillée de façon étudiée, toutes les femmes se sont déjà fait abordées dans la rue, où on dû subir le fameux: Hé, t'as un numéro??
C'est partout, tout le temps. Au supermarché, en allant à la fac, ou juste en se baladant ou en rejoignant son chéri au cinéma, il y a toujours un lourdingue pour plomber la sortie.
J'ai eu personnellement le droit à de jolis moments délicats qui réchauffent mon petit coeur en y repensant. Comme le taré à Nancy, qui m'a suivie, puis que j'ai entendu tout doucement chuchoter ( toujours dans mon dos ): " vous voulez boire un café? Ca vous direz de m'accompagner pour un verre? etc.... ".
J'ai fini par me retourner sur quelque chose qui se rapprochait plus de Golum que de l'humain, pour lui crier en pleine rue de me foutre la paix, et que ça ne se faisait pas de parler dans le dos des gens en les suivant. Il m'a répondu que j'étais méchante. Bouhou.
Il y a aussi celui, à qui j'ai fini par dire que j'étais mariée, mais que ça n'a pas découragé. Par chance, je n'étais pas très loin de chez moi et j'ai pu lui échapper, mais j'ai quand même dû renoncer à ma balade à cause de lui. Il y a aussi les autres évidemment, parce qu'un homme a toujours du mal à se taire apparemment :p
Il y a donc ceux qui se permettent de juger les vêtements ( " tu reviens d'un safari? " Non, mais ça va bien avec un short ), ceux qui jugent la couleur de votre peau ( " hé, faudrait que t'ailles faire des UV!! " Bah bien sûr, je rêve d'un cancer en plus, ça tombe bien. ), ceux qui jugent votre maquillage ( " bah dis-donc, c'est très rouge ça! " Bah oui, c'est pour ça qu'on dit ROUGE à lèvres... ).
Au final, la sortie devenait une sorte de défi. Qu'est ce qu'ils vont bien pouvoir me trouver aujourd'hui? Je finissais rapidement par aller au Monoprix en jogging et sans maquillage, traînant un mari pas super content ( sachez que la présence d'un petit ami ou juste ami, ne change rien. A moins que celui-ci soit baraqué. Pas de chance. )


Nous y voilà: en arrivant ici, j'ai gardé mes habitudes. J'arrive en terre inconnue, je ne connais pas les us et coutumes de nos amis anglo-saxons, ni la mode du moment ( les birkenstock, vous oubliez ici. Par contre les Crocks, c'est bon, ça passe ).
Déjà, la grande différence, c'est qu'il n'y a personne dans la rue, ou si peu. Ca laisse quelques angoisses de côté! Rapidement, on est obligés de sortir les jupes et shorts, et on s'aperçoit que ça passe trèèès bien, même avec des tongs ( j'ai bossé chez André, les tongs ne sont jamais en tête des ventes... ). Et puis on essaye des trucs, au fur et à mesure, on oublie complètement qu'il y a des gens avec une capacité à penser et à vous voir et on y va franco. Et rien. Au mieux vous aurez des compliments, au pire, vous aurez des compliments.
Un soir, j'ai craqué pour une tenue plutôt courte et colorée, et c'est une fois dehors que je me suis dit que jamais je n'arriverai sans dommages à destination. Et bien rien. Même pas un regard, tout le monde s'en fout complètement. Ben peut en dire autant, ici, ses fringues ( gratuites, récupérées dans des salons du jeu vidéo, on est plusieurs à avoir ce modèle ) sont cools, et il a plus de compliments que moi ( ne l'encouragez pas!! ). Sur le bateau pour Alcatraz, dans un magasin de jouets ( je suis à la recherche d'une bey blade ), au bar, il a des compliments partout et se fait plein de potes.
Pour les compliments, en France, on peut généralement se brosser. On aura éventuellement le droit à un: vous les avez eu où? ( "chez San Marina il y a deux ans", trop bête!!! ), mais bon, c'est assez indirect et on sent quand même de la gêne.

Ici non. J'ai une paire de tongs particulièrement originale ( ha, je me lâche maintenant ), et les femmes me regardent droit dans les yeux, et là, vous imaginerez sans peine la blonde californienne faire: HO I LOVE YOUR SHOES!!!! ( sur le coup, vous vous dites: il y a Alexander McQueen derrière moi en fait, et c'est à lui qu'elle parle ).
Bref, pas besoin de s'étendre :p




J'ai arrêté d'avoir le coeur qui bat quand je passe devant des ouvriers qui mangent leurs sandwichs ou devant une bande d'ados ( qui même dans le bus, sont plutôt calmes... J'ai aussi un traumatisme du bus! ).

J'ai été sifflée deux fois en un an et demi, par des jeunes hommes qui étaient seuls et pas en bande, qui n'étaient pas à 500 mètres et n'ont rien ajouté de plus. On m'a déjà dit que j'étais très jolie dans la rue, mais en me regardant dans les yeux et sans insister. Les latin lovers lourdingues et mal polis ont un bel avenir devant eux!
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11 commentaires:

  1. c'est la French touch!
    Moi j'ai eu droit toute l'année à des I LOOOOVVVVVVVVVVVVEEEEEEEEEEE your boooootsss (de chez Auchan ou China 15€ comme quoi!) hommes ou femmes, les compliments ça fait du bien!
    attention au retour en France si tu te mets à parler aux gens dans les supermarchés, on va te prendre pour une E.T.!

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  2. Ahhh ça me manque ça! Quand je suis rentrée en Belgique, les gens se foutaient tout le temps de ce que je portais (déjà en temps normal on a droit à des réflexions, mais comme on s'habille comme une américaine, c'est piire), c'est vraiment pas facile le retour par rapport à ça!

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  3. Merci pour votre soutien les filles :p

    Ma copine Belge est dans le même cas. Elle craint toujours un peu de rentrer a Lièges ( elle m'a raconté avoir couru de chez sa mère à sa voiture -_- ).

    Déjà la différence entre nancy est ma petite ville était impressionnante niveau remarque, puis la différence entre Nancy et Versailles, mais là, Versailles Los Angeles, c'est extrême.

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  4. Je te comprends c'est vraiment énervant mais bon maintenant tu peux t'habiller comme tu veux ! Si c'est pas génial ça ^^

    p.s : au fait si tu viens à Marseille, met des tongs ou une jupe/short courte personnes ne te jugera ! ;)

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  5. Et sinon, c'est comment, la vie à Los Angeles?

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  6. Et bah, tu lis l'année et demi de blog qu'on se tue à écrire et tu aura ta réponse!

    Sinon, la réponse que je donne par mail: bien.

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  7. Bon mon pseudo Google ne dit pas qui je suis mais en fait c'est Lisa de TO ;) (T'as du bol que j'ai un compte Google miss !!!)

    Tu sais que dans mon bilan des 6 mois, j'ai écrit aussi que j'étais SUPER CONTENTE qu'ici personne ne te drague comme un gros lourdingue dans la rue.
    Ca m'est arrivé une seule fois dans le métro. Donc j'ai répondu en français. Tu vois venir le truc ou pas ?

    C'était un français le mec !!!!

    A Paris t'imagines même pas comme on se fait emmerder. Je pense que pour ma part c'était juste tous les jours. Au moins une fois par jour. Jamais avec mon mari par contre...
    J'ai aussi eu les cinglés qui me suivaient et ceux qui m'insultent. J'adore.

    Je crois que c'est donc vraiment un truc de France.

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  8. LOL : "Versailles" "Los Angeles"!!!!! Tu m'étonnes le choc!
    Je me revois il n'y a pas si longtemps que ça descendre à la gare de Versailles avec mon look de goth de luxe. C'est avec les yeux révulsés que les "mamans canard" en petits blazer-serre-tête-coupe-au-carré-jupe-de-tweed tiraient sur la main de leur "petits canetons" pour ne pas qu'ils posent les yeux sur cette poitrine rehaussée par un corset ou encore sur cette figure trop maquillée!!!
    C'est pas mon genre mais j'avais qu'une envie : leur dire à la façon du bad guy dans The Crow qui s'adresse aux nones dans l'église "Happy Halloween ladiiiiiiiies, bleubleubleubleubleu (avec la langue)". Bréf...un autre référentiel, une autre ville...

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  9. Ha non mais Paris je connais aussi. Une fois, je prenais le TGV Nancy-Paris ( ou l'inverse ). Il y avait une petite fille qui voyageait seule dans le train de l'autre côté de l'allée.

    Bien sûr, un gros lourdingue vieux et moche commence à venir me voir. Je pousse une gueulante pour qu'il retourne dans ses peinâtes.
    La petite fille m'a demandé de venir s'asseoir à côté d'elle, car elle avait peur du monsieur.
    Je me suis installée, et je lui ai dit que malheureusement, il fallait qu'elle s'y habitue assez vite.

    Même Ben s'est déjà fait proposer des gâteries dans les chiottes gare de l'est, en m'attendant. Il a eu un sacré numéro aussi.

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  10. Salut,

    ton article ne date pas d'hier mais il me semble que c'est toujours un sujet d'actualité. Je ne sais pas si tu en as entendu parler (via le web) mais une vidéaste belge a fait un film sur ce sujet.

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/08/07/harcelement-la-rue-ne-doit-plus-etre-un-espace-ou-les-hommes-font-leur-loi_1743292_3232.html

    Bonne continuation !

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    1. Lauriane, merci pour ton commentaire.

      Si tu avais lu la premère page de mon blog, tu aurai vu l'article que j'ai écrit a ce propos il y a quelques jours.

      Merci pour ton intérêt!

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