Jerry : No, I'll be back.
Kramer : Jerry, it's L.A., nobody leaves. She's a seductress, she's a siren, she's a virgin, she's a whore.
Seinfield, "The Finale"

lundi 21 juillet 2014

La Planète des singes : L'Affrontement



Rise of the Planet of the Apes (La Planète des singes : Les Origines) faisait partie des bonnes suprises de 2011 grâce à sa réalisation enlevée, ses effets spéciaux bluffants et son scénario simple mais efficace. A la fin du film, on apprenait qu'un virus mortel était en train d'anéantir l'humanité tandis que les singes devenus intelligents se sont réfugiés dans la forêt au nord de San Francisco.

C'est donc le point de départ de sa suite, Dawn of the Planet of the Apes (La Planète des singes : L'Affrontement). Les singes sont maintenant bien établis dans les Muir Woods, Caesar est leur chef et ils pensent que les humains ont tous crevé. Ils tombent sur l'un d'entre eux qui manque de tuer un des singes et découvrent que les humains sont en fait bien vivants, qu'ils habitent les ruines de SF (dans le bloc California Street / Drumm Street / Market Street) et qu'ils ont un gros paquet de flingues. Les humains découvrent des singes évolués qui parlent, qui se promènent à cheval et qui ont des lances. Les humains veulent faire refonctionner le barrage électrique qui se trouve en territoire simiesque. Chez les singes comme chez les humains, deux positions s'affrontent : faire la paix ou tuer ceux d'en face. Dans les deux camps, elles ont toutes les deux leur champion. Forcément, cela va mal tourner.

Matt Reeves (Cloverfield) succède à Rupert Wyatt pour la réalisation du deuxième opus du reboot de la série. Le moins qu'on puisse dire est qu'il a fait un boulot fantastique. La réalisation est impeccable avec des scènes de bataille super fluides et est servie par une DA grandiose et des effets spéciaux incroyables. La version post-apo de SF est très bien fichue et les singes sont plus vrais que nature même quand ils sont super nombreux. On se dit qu'un singe qui charge une position ennemie à cheval avec un M16 dans chaque main va être ridicule. Sauf que non. C'est plutôt cool en fait. Surtout quand il montre bien les dents pour expliquer qu'il n'est pas content.

Au niveau du jeu d'acteur, les humains (dont Gary Oldman) font le stricte minimum et Jason Clarke (le héros côté humains) semble n'avoir qu'une émotion. Côté singes, c'est nettement mieux à tel point qu'on se demande si ce n'est pas fait exprès pour mieux faire ressortir l'humanité des singes. Non seulement les animateurs ont fait un boulot de taré mais en plus la manière de s'exprimer dépend de la situation. Ils mélange langage des signes, anglais un peu haché et petit cris. Le résultat est suprenant mais fonctionne bien.

Même si Dawn of the Planet of the Apes est un bon film, il souffre d'un problème majeur : un script dans la pure tradition hollywoodienne. Non seulement les dialogues ne volent pas haut mais en plus tout est prévisible et convenu. Au bout de 15 minutes, on sait qui sont les gentils, qui sont les méchants et on devine tout ce qui va se passer. On balance deux-trois séquences émotion dans le mélange et emballé c'est pesé. Cela va dans le sens du propos du film à savoir que les humains réagissent comme des animaux apeurés et que les singes agissent comme des humains mais on aurait aimé un peu plus de folie au niveau de l'écriture. Sortie en France le 30 Juillet.

En bonus, nous vous proposons un petit jeu. J'ai pris cette photo dans un cinéma de LA. Sauras-tu trouver les sept différences entre ces deux affiches de film ?


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jeudi 17 juillet 2014

11 lieux de tournage de Breaking Bad, en vrai à Albuquerque, Nouveau Mexique

Je vous avez déjà fait un tour des lieux de tournage de la trilogie Batman à Chicago et un petit peu pour The Artist.

Alors maintenant c'est au tour de Breaking Bad d'avoir son décor visité en vrai! Evidemment vous aurez aussi des articles sur Santa Fe et Albuquerque, même si crapahuter pour trouver les photos suivantes nous a permis de faire un tour complet de cette dernière, des quartiers ultra chics au fin fond de la banlieue (et oui, c'est pareil dans toutes les villes).

Quelques règles: ne dérangez pas les habitants. Ne faites pas de bruit, garez vous, ne restez pas là toute la sainte journée. Si quelqu'un est dehors, dites lui bonjour, et demandez si vous pouvez prendre des photos.
Il est illégal d'entrer sur la propriété de quelqu'un sans son autorisation: restez sur le trottoir.

On commence par un classique, la maison de Walt et Skyler. Lorsqu'on arrive il y a deux autres voitures dont un pick up avec le moteur allumé. C'est au moment où on sort que la propriétaire des lieux ouvre son garage et leur dit de partir. Le quartier est très tranquille et ils doivent être là depuis un moment pour que le bruit du moteur finisse par agacer. On est un peu déçus car on ne veut personne sur nos photos mais on y arrive tout de même! Elle nous demande gentiment d'où on vient et précise tout de même qu'on ne peut pas rentrer sur sa propriété. Il y a des caméras de surveillance également.


La maison a été vendue 150 000 dollars après l’arrêt de la série, j'ai envie de dire qu'ils savaient quand même à quoi s'attendre en l'achetant...



Un peu plus loin se trouve les extérieurs pour le bureau de Saul Goodman. Tout est à louer à part un saloon...






Dans les hauteurs ultra chic et ultra surveillées se trouve la maison de Hank et Marie.



La vue derrière la maison
La vue sur le côté


Le Car Wash, maintenant Octopus car wash






Près de la fac du Nouveau Mexique se trouve l'appartement de Jesse.






Au centre ville vous trouverez le vrai bâtiment fédéral de la police. En fait c'est le bâtiment voisin qui a servi d'extérieur (le Simms building au 4000).




Le QG de Tuco:


Ca a du être une bonne journée!


La maison de Jesse:




C'était aussi le jour de nos 9 ans ensemble! alors quoi de mieux qu'un fast food en amoureux pour fêter ca?
Pas n'importe lequel: Los Pollos Hermanos! Après tout, on a suivi Breaking Bad pendant 5 ans sur ces 9 ans là. L'une des peintures du logo Los Pollos Hermanos est toujours dans l'entrée.











Apparemment le sandwich au poulet et green chile est à tomber!

Ensuite vient la visite du Musée du nucléaire:



Dommage qu'ils ne mentionnent que le musée de Georgie O'Keefe (on ne va pas spoiler) car on l'a visité aussi! Ce sera pour un autre article.

Et l'aéroport d'Albuquerque où on voit Mike récupérer sa voiture, et Skyler déposer Walt ( avant qu'il ne soit récupéré).



Evidemment vous boufferez du Breaking Bad à toutes les sauces à ABQ, mais l'arrêt le plus fameux est la boutique de The Candy Lady. Pourquoi? Parce que c'est cette créatrice de bonbons qui a confectionné toute la fausse meth bleue pour la série! Et oui, en fait c'est simplement du sucre bleu. Miam! On a dans le frigo pour ceux qui sont déjà venus nous visiter.
Loin d'en être à son coup d'essai niveau provocation puisque située dans la vieille ville d'ABQ, elle a vu sa boutique subir les attaques des églises voisines à cause de ses sucreries érotiques et de son rayon interdit au moins de 18 ans. Autant dire qu'ils doivent être ravis qu'elle fasse de la (fausse) meth!





Et ne vous en faites pas si vous êtes à la recherche d'autres produits dérivés.



Il manque pas mal de lieux qui nous semblaient moins importants ou trop loin. Surtout que nous n'avions qu'une seule journée pour visiter la ville. Donc prévoyez tout avant, faites attention aux bouchons et surtout respectez les habitants. Voici les adresses des différents lieux de tournage :

Maison de Walter et Skyler : 3828 Piermont Dr NE Albuquerque, NM 87111
Bureau de Saul Goodman : 9800 Montgomery Blvd NE, Albuquerque, NM 87111
Maison de Hank et Marie : 4901 Cumbre Del Sur Ct NE, Albuquerque, NM 87111
Octopus Car Wash : 9516 Snow Heights Circle N.E. Albuquerque, New Mexico 87112
Lycée de Walter : Rio Rancho High School, 301 Loma Colorado Blvd NE Rio Rancho, NM
Maison de retraite de 
Hector "Tio" Salamanca : 8820 Horizon Blvd NE, Albuquerque, NM 87113
Nouvel appartement de Walter : 3932 Silver Ave SE Albuquerque, NM 87108
Appartements de Jesse et Jane : 323 Terrace St SE Albuquerque, NM 87106
Albuquerque Rail Yards : 1100 2nd Street Albuquerque, NM 87102
Bureau de la DEA : 400 Gold Ave SW Albuquerque, NM 87102
Place publique d'Albuquerque : 1 Civic Plaza Northwest, Albuquerque, NM 87102
Java Joe's : 906 Park Ave SW, Albuquerque, NM 87102
Maison de Jesse : 322 16th St SW Albuquerque, NM 87104
The Candy Lady : 424 San Felipe Street Northwest Albuquerque, NM 87104
Labo de meth / laverie automatique de Gus Fring : 1617 Candelaria Road Northeast Albuquerque, NM 87107 (Delta Uniform & Linens en vrai)
Maison de Gus Fring : 1213 Jefferson St NE, Albuquerque, NM 87110
Los Pollos Hermanos : 4257 Isleta Boulevard Southwest Albuquerque, NM 87105 (Twisters en vrai)
The National Museum of Nuclear Science : 601 Eubank Blvd. Southeast Albuquerque, NM 87123

Pour en voir plus, c'est chez Mathilde
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mardi 8 juillet 2014

The Raid 2: Berandal



Comment un natif du Pays de Galles est devenu le nouveau roi des films de baston asiatiques ? L'histoire commence quand Gareth Evans part en Indonésie faire un documentaire sur le pencak silat, le nom des arts martiaux locaux. Il va être fasciné par ce qu'il découvre et il va rencontrer Iko Uwais, expert dans le domaine. Ce sera la star des films d'actions d'Evans et le chorégraphe des bastons à commencer par Merantau en 2009. Le monde découvre un nouveau Honk-Kong, Jakarta, un nouveau style de baston et plein de nouveaux acteurs/combattants talentueux.

Après Merantau, Gareth et Iko commencent à bosser sur Berandal, un film de gangsters beaucoup plus ambitieux mais surtout beaucoup plus cher. Gareth réalise qu'il n'a pas les moyens de le faire et se rabat sur un plus petit projet, The Raid qui sort en 2012. Le concept est simple : le SWAT local prend d'assaut un bâtiment occupé par un criminel sadique et sa bande. Les combats commencent aux flingues et passent rapidement aux poings et aux armes blanches. Hyper violent, hyper sanglant et hyper bien filmé, le film est un hit. On avait adoré. Il donne les moyens à Gareth de préparer la suite qui sera le film de gangsters dont il rêve, The Raid 2: Berandal.

Iko Uwais reprend son rôle de Rama, un membre de forces spéciales qui peut vous tuer à mains nues d'une centaine de manières possibles. Afin d'en finir avec les puissants criminels de Jakarta et la corruption dans la police, il devra infiltrer la pègre et devenir un criminel. Il monte rapidement les échelons et se retrouve le bras droit du fils du patron d'un des plus grands syndicats du crime. Les choses vont vite dégénérer.

Pour décrire simplement le film, The Raid 2 est au premier opus ce que Batman Arkham City est à Batman Arkham Asylum pour ceux qui connaissent ces jeux. On reprend les éléments du premier opus et on les applique à une échelle beaucoup plus large. La guérilla du premier devient une guerre totale de gangs dans le second. Le film propose une variété de décors et de situations assez dingue avec un best-of des endroits où on a l'habitude de voir de la castagne : prison, entrepôt, couloir, boite de nuit, restaurant,... Une simple course poursuite en voitures à la sauce Gareth Evans devient un balai de berlines, balles et coups de poings où on combat aussi bien entre voitures que dans les voitures.



On a parfois l'impression de voir une adaptation du jeu Sleeping Dogs pour adultes. Je précise pour adultes car les coups font vraiment mal dans The Raid 2. La violence est encore un cran au-dessus du premier The Raid et le film est encore plus gore, sans attendre l'irréalisme d'un Tarentino. Les cranes éclatent, les jambes se brisent, les gorges se coupent... Il faut dire que les méchants utilisent une panoplie d'armes très variée : marteaux, couteaux, griffes, shotguns, battes de baseball, machettes, mitraillettes, tessons de bouteilles, chaises, étagères...  Chaque mort ou KO est original et la salle jubilait en permanence voir applaudissait pour les plus beaux. La réalisation fait tout pour qu'on ne rate pas une miette des coups et de leurs résultats quitte à montrer la figure brûlé d'un type qui a eu la tête collée contre une plaque de cuisson en gros plan la seconde d'avant.

Les chorégraphies sont incroyables et impliquent parfois une dizaine de types en même temps sans pour autant être difficiles à suivre. Les combats contre les boss sont des petits bijoux en la matière et laissent les protagonistes dans un sale état généralement après un "finish him" particulièrement brutal. Et on en prend pour son argent. Sur les 2h30 du film, je dirais que près de la moitié est de la baston pure. Le reste permet de comprendre les motivations de chacun. L'histoire est assez classique mais la noirceur de l'ensemble et le côté désabusé des personnages change des productions manichéennes honk-kongaises ou américaines. Les moments calmes du film font parfois penser à Nicolas Winding Refn (Drive) et malgré les motivations principales du héros (protéger sa famille), on ne tombe jamais dans le larmoyant inutile.

Pour faire simple, The Raid 2 est de loin le meilleur film de baston que j'ai vu à ce jour et probablement un de meilleurs films d'action sorti ces dix dernières années. L'adrénaline des acteurs et la folie meurtrière affichée à l'écran vous laisseront scotché au siège pour peu que vous puissiez l'encaisser. Sortie en France le 23 juillet.



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vendredi 20 juin 2014

Ma jambe cassée, un petit tour dans le système de santé d'urgence

Je sais que vous adorez les histoires.

C'était début 2012 que Jérôme vous racontait son petit séjour aux urgences, sans assurance maladie! En effet il était en VIE et c'est la sécu française qui rembourse les frais de leurs petits protégés dans ce cas là.

J'ai eu énormément de chances on va dire, car en 4 ans et demi je n'ai jamais eu besoin d'aller chez le docteur. Juste des passages chez le dentiste qui m'ont laissée admirative.

Mais bon, là, j'y suis allée un petit peu fort en me cassant la jambe.
Jamais de ma vie je ne suis allée aux urgences (OK, une fois au lycée après m'être tordu la cheville en saut en longueur) et encore moins dans un hôpital. Je peux aller plus loin: j'ai la phobie des hôpitaux et la dernière fois que j'y suis allée je suis tombée dans les pommes en me cognant la tête contre une table de chevet. Au moins j'étais sur place.

BREF. 1er mai dernier, comme 3 autres fois par semaine et environ 6h par semaine, je suis dans mon endroit favori: la Dolls factory, pour m'entraîner avec les copines. Vous pouvez lire tous mes articles sur le roller derby ici si vous avez du retard à combler. Tout va bien et je décide de jammer parce que généralement tout le monde est froid au début donc c'est assez pépère. On peut être sportive et feignante. Donc pour une fois je me débrouille pas mal (pour les pros: je joue normalement sur le banked mais le jeudi c'est sur le plat) et je m'apprête à repasser le pack pour marquer quand quelqu'un me bloque et j'entends un bruit assez sec. Tout cela ne dure que 3 secondes maximum et il m'a fallu beaucoup de temps et de témoignages pour tout remettre en ordre, mais voilà je me dis que mon patin a craqué comme je l'ai déjà vu des dizaines de fois et je regarde donc mon pied. Et en fait je vois juste ma jambe à un angle pas du tout normal: le tibia et le péroné sont cassés, c'est sûr, mais tout se remet en place aussitôt. Pas de douleur, mais je suis sous le choc et je me dis que je rêve, ca ne peut pas m'arriver à moi, j'ai déjà vu 5 filles me tomber sur le genou et n'avoir qu'un bleu le long de la jambe, j'ai fait des chutes et j'ai vu des chutes vertigineuses sans conséquences. Là, concrètement, il ne s'est rien passé, c'est juste la pression et un mauvais angle, un peu comme un bâton qu'on met dans un trou et sur lequel on appuie, il finit par lâcher.

Donc je m’assoie tranquillement, ça continue de jouer et j'entends mon équipe râler, mais tout le monde finit par arriver. Alors je leur dis simplement que je me suis cassé la jambe, mais personne ne me croit. Tout le monde pense qu je me suis tordu la cheville. Elles me diront plus tard que j'étais très calme, pas de cri, pas de pleurs. Elles s'affolent seulement quand la partie de ma jambe au dessus de ma cheville double de volume en quelques secondes. L'avantage d'être en patins, c'est que tout le monde va très vite pour aller chercher mon sac, des coussins, pas d'eau car on sait déjà que j'irai en chirurgie. Je donne mon téléphone à la seule qui connait Ben pendant que les autres appellent les pompiers ou me disent de loin que ça va aller, que je peux pleurer et se moquent de moi parce que je suis désolée de ruiner leur entraînement. Elles sont solides, mais restent bien loin, parce que comme moi quand l'une d'elle saigne, je me trouve un coin tranquille pour m'allonger sur le ciment pendant que tout le monde nettoie.
Donc elle appelle Ben et lui dit: hey Ben, c'est Beckie! Laëtitia c'est un peu fait mal...
TYPIQUEMENT AMERICAIN
Je lui prend le téléphone des mains et dit peut être un peu fort à Ben: je me suis cassé la jambe, je vais aux urgences, débrouille toi pour savoir où je suis et venir.
En même temps une des joueuses qui est prof d'anglais au lycée français me pose des questions en français pour les pompiers au téléphone mais je lui réponds en anglais, ce qui fait encore rire tout le monde.
On s'arrange pour que quelqu'un mette ma voiture en sécurité et on me parle déjà de mon retour sur des patins et de qui je devrai contacter pour justifier mon absence de la ligue.
On avait prévu tellement de choses ce week end... Je suis dégoûtée. Et puis les pompiers arrivent, ça a été comme dans Baywatch, deux bombes atomiques au ralenti. Je sens de la jalousie tout autour de moi. Heureusement, il n'y a pas besoin de trop découper mon patin et on donne des directions pour limiter les dégâts (les patins sont des chaussures comme les autres, quand 10 filles vous observent, vous pouvez ressembler à un Dieu grec, c'est pas le moment de se planter).
Je pense que c'est surtout là qu'on se rend compte de la situation car mon pied ne répond plus et il faut bien 4 mains pour déplacer le tout dans un bout de carton fermé par du scotch. Je peux bouger les orteils, ce qui est un excellent signe qu'il n'y a aucun damage nerveux. Je n'ai jamais autant remué les orteils que pendant les jours suivants. Et c'est parti pour le petit voyage en camion. Mes deux sauveurs sont impressionnés par notre chouette hangar, qui sera détruit dans quelques mois, donc c'était mon dernier tour ici...

Si déjà vous ne vous sentez pas bien, ce n'est pas la peine de continuer la lecture. Il y a plein de photos de chatons sur d'autres sites.

Dans le camion, je suis assez déçue de ne pas avoir la sirène. Je demande si on peut aller au Cedar Sinai car on habite juste à côté et Ben pourrait venir à pied mais mon beau pompier me dit que c'est bien trop loin et qu'on a pas le temps pour un trajet aussi long. Ca parait quand même long car il conduit doucement pour ne pas me secouer. Je demande si c'est normal que je n'ai pas plus mal que ça (juste l'impression que quelqu'un est assis sur ma jambe en fait) et il répond qu'il s'est sérieusement foulé la cheville une fois (sûrement en sauvant des chatons d'un building en flamme, torse nu) et que les médecins lui ont dit qu'il aurait mieux fait de la casser au point de vue douleur (Pauvre bébé...). Il me pose plein de questions mais je suis aussi propre qu'un nouveau né niveau médical.

Donc finalement sur les conseils des copines qui ont choisi pour moi, on arrive au Good Samaritan. Je me retrouve dans un couloir pendant que les infos circulent, et ça parle de roller derby, alors je lance qu'il y a un match le samedi suivant et qu'ils devraient y aller. Encore une fois ça fait rire tout le monde, je suis conditionnée pour faire de la pub.
Je pense attendre quelques heures ici et une copine doit venir avec mes affaires donc ça ne me dérange pas tellement. Mais non, on m’envoie en salle 4. J'ai peut être pris la place de quelqu'un du coup. Je ne me sens vraiment pas comme une urgence!
On se dirait dans un film et je regarde partout. Mes deux infirmiers arrivent, Joffrey et Bryan. C'est là que je me dis que c'est la journée du beau gosse. On blablate encore et Joffrey (probablement l'infirmier en chef car il court partout) me pose mon intra veineuse. Il y a un gars qui comate en bavant sur une civière juste en face de moi. Je comprends pourquoi en arrivant on me demande sérieusement: ''vous prenez de la drogue? Crack, héroïne, meth?'' J'avais eu envie de rire, mais maintenant je comprends la question.
Joffrey lui hurle dessus: T'es dégueu, arrête de cracher par terre!!
Il gueule un peu sur tout le monde, je suis la seule à avoir des blagues et des sourires, je dois changer des clodos drogués :/
A côté, une dame intubée qui  ne bouge pas du tout. Je n'ai pas envie de voir ça. Quand ils la déplacent, un infirmier demande: do we bag her?
Et je me dis qu'elle est morte et qu'il faut la mettre dans un sac... Mais non, ils ont retiré le tube et doivent ventiler (j'ai VRAIMENT la phobie de l'hôpital).

On me demande si je suis enceinte. Du coup je dois faire pipi pour un test au cas où et je lui dis que ça va pas être possible, il faudra me prendre du sang pour faire le test. Il rigole et me sort: OK, t'aura ta morphine dans quelques heures alors.
T'as du bol, Joffrey.
Après le pipi, ils déballent ma jambe du carton. Je regarde et sors: c'est vraiment trop bête que je ne puisse pas prendre de photos de ma jambe en morceaux...
Ils me disent qu'ils n'ont pas le droit de prendre de photos pour moi de toute façon, mais si quelqu'un m'attend on peut l’appeler. Ils appellent Becky mais c'est Ben qui arrive, amené par un ami. Du coup il peut prendre plein de photos et vous êtes contents!




Le test revient négatif et Joffrey me lance un ''congrats!!'' avant de réaliser que mon potentiel mari est là, et il s'excuse aussitôt. J'ai donc droit à 2cc de morphine. Le truc c'est que ca marche pas. Le temps passe et toujours rien, je monte à 8/10 en douleur donc il me remet 4cc. Je suis donc à 6. Toujours rien. Il est encore amusé et me dit que c'est une dose d'éléphant et que je devrais dormir. Je ne sens absolument rien du tout, ou alors la douleur sans morphine devrait être absolument abominable. Il comprend que je ne suis pas sensible aux opiacés. Donc je l'ai dans l'os ( HAHA.)

Le temps passe doucement, Ben se fait servir du café et un sandwich pendant que je meurs de soif, mais je peux aller en chirurgie n'importe quand donc ventre vide pour moi. Le type qui crache par terre continue, on se marre bien parce que tout le monde râle! J'espère que je ne vais pas vomir du coup... Un autre gars essaye de se barrer de sa chambre avec tous les fils attachés. Ca doit être spécial de travailler ici.
Je dois faire pipi plusieurs fois mais c'est vraiment compliqué alors Bryan découpe mon pantacourt de sport et mon slip. Il est direct, dis donc! Si j'avais su, j'aurai mis des vieux trucs. Ou pas en fait. C'est aussi à ce moment là que mon beau pompier débarque pour prendre des nouvelles. Evidemment mon rythme cardiaque s'accélère et la machine s'affole... Très discret.



Et puis, le pire moment de ma vie arrive. On dit à Ben de partir, jamais un bon signe, car on doit me faire mes radios. Je stresse un peu mais je fais maintenant confiance à Bryan qui sait porter ma jambe sans que ca me fasse mal. Ca a pris du temps car je ne fais confiance a personne et je me battais un petit peu pour qu'il arrête et me foute la paix. Heureusement il était très convainquant (et doux, je marche pas au rapport de force) et ça m'a évité de me faire mal toute seule. Pour décrire la sensation, c'est comme si j'avais des billes dans la jambe, sauf que ce sont mes os. Donc le radiologue arrive, et je lui fais confiance, surtout que je pense que Bryan va rester. Mais non, ils m'abandonnent tous avec ce boucher. On a tous un seuil de tolérance à la douleur, là, çà a été la pire douleur jamais ressentie de ma vie et j'espère que ça le restera. Il prend ma jambe sans aucun ménagement et je hurle à la mort. Radio de face. Il replace ma jambe, je hurle à nouveau. Je rappelle que je ne suis sous aucun anti douleur qui fonctionne. Il revient avec la radio et me dit qu'il en faut une de côté. Là je râle mais pas vraiment le choix, il faut qu'ils voient pour réduire la fracture et poser un plâtre pour tenir jusqu'à la chirurgie. Du coup j'essaye de me mettre sur le côté. Je ferme les yeux et hurle aussi fort que je peux, c'est comme si quelqu'un prenait ma jambe et l'essorait comme une serviette mouillée. J'ouvre les yeux quand le mouvement a l'air de s'arrêter et je vois le radiologue, apparemment énervé, qui me regarde comme on regarde un enfant qui fait un caprice et se roule par terre. Je suis super énervée aussi cette fois. il a en fait laissé mon pied (qui ne tient que par la peau et le reste du coup) partir sur le côté sans le tenir. Mais à part çà, je l'embête bien pour faire son boulot, le pauvre petit. Il repasse plus tard pour me dire qu'il a fait de son mieux et je lui dis juste de dégager. Je suis sûrement pas sa pire patiente.
Bryan revient enfin et met ses mains sur mon genou et mon pied, je le supplie de ne pas bouger. Il part deux minutes, et revient aussitôt. Il n'y a que lui qui me soulage. Joffrey le remplace à un moment, mais il est agité en permanence et beaucoup moins doux. Je garde le pauvre Bryan a mon chevet pendant environ 2 heures, jusqu'à ce qu'il craque et que ses bras finissent par trembler. Il scotche mon pied comme il peut pour qu'il tienne et ne tombe pas sur le côté. Enfin le docteur de garde se penche sur mon cas, c'est lui qui doit faire la réduction.

Ma jambe avant et après l'opération.


Je remplis des tonnes de papiers, la dame s'appelle Leticia G. et est gauchère comme moi. Je n'ai rien lu mais j'imagine que je renonce à les traîner en justice en cas de soucis. Joffrey revient vers moi et sort de sa blouse un stick pour le lèvres. Je me dis qu'il est super malin car je meurs de soif et mes lèvres sont très sèches. Mais il se marre avec Bryan, en fait il m'a trouvé une super drogue qui va m'achever, car la réduction évidemment c'est pas rigolo (et non, il prête pas son stick). Il me sort une première minuscule fiole et m'explique que c'est 4 fois plus puissant que la morphine et qu'il va tout mettre. C'est potentiellement dangereux et il m'explique dans le détail que je serai sous oxygène et qu'ils ont sorti tous les produits antidotes pour arrêter les effets en cas de problème. Tout ce que je me dis c'est: Je m'en fous, envoie la sauce, tu vas rigoler quand ca marchera pas non plus.

Il y a un second produit qui est sensé me faire oublier la dernière demi heure. Je le regarde comme si il me prenait vraiment pour une idiote mais il rigole pas. Il injecte tout et je ne sens rien du tout. Mais effectivement quand le docteur prend ma jambe et qu'avec Bryan ils remettent mes os en place, je ne sens rien de vraiment douloureux. Pourquoi pas ça pour la radio aussi??? Ils me mettent le plâtre. Tout se passe bien. Joffrey a passé son temps à regarder la machine. Il revient un peu plus tard et me demande si je me souviens de ce qu'ils s'est passé et je lui raconte tout dans le détail. Il fait non de la tête avec un sourire. Je t'avais dit que ca marcherait pas! Mais au moins je n'ai plus mal ou très peu. On va me changer d'hôpital et je devraia aller en chirurgie dans l'après midi. Il est déjà 5 heures du matin, je suis arrivée à 21h.

Fait amusant, en reparlant des radios avec Ben, il me dit que le radiologue est revenu pour des radios de ma jambe plâtrée. Je n'en ai aucun souvenir! donc le produit a dû marcher, juste 20 minutes trop tard. La réduction ne m'a pas choquée, donc je suis contente de ne pas me souvenir du radiologue à la place.

L'ambulance arrive pour me conduire à st Vincent, un hôpital que je connais bien puisque la boutique spécialisée dans le roller derby est juste en face. Joffrey me dit que je serai bien là bas. Il raconte aux ambulanciers à quel point aucun produit ne marche sur moi, je suis définitivement le clown de la soirée, sûrement parce que je n'ai pas trop hurlé ni cracher par terre, ca aide.
Dans l'ambulance, on se montre nos tatouages respectifs. Ca me fait oublier que je vais dans un HÔPITAL.
Dés le départ je déteste, c'est un vrai labyrinthe mais ça ne sent pas la vieille soupe et le formol comme dans mes souvenirs... On me repose encore plein de questions et puis on me dépose dans ma chambre dans le département de chirurgie.




C'est une petite chambre avec un crucifix et une télé. Comme aux urgences il y a le wifi. Ben repart à la maison pour essayer de dormir un peu avant d'aller travailler. Heureusement je tombe sur mon dessin animé favori mais tout d'un coup je me rends compte que je suis toute seule dans un hôpital, que je vais me faire opérer, que j'ai très mal à nouveau, il fait nuit et je suis juste en train de vivre mon pire cauchemar. Je réalise aussi que je vais être un boulet pendant des mois et que je ne vais plus rien faire que j'aime pendant tout ce temps... En gros, je vais pleurer jusqu'à ce que le médecin arrive vers 7h du matin.

J'ai très mal encore et je n'ai pas dormi. Première nuit blanche. Toujours rien à boire et manger. J'ai beau leur dire que la morphine ne marche pas, ils réessayent au cas où. Le chirurgien arrive dans l'après midi pour voir ma jambe et me parler. Il découpe soigneusement mon plâtre pour voir ma jambe et j'ai un très bon feeling.

Quand on voit la facture des urgences, je me dis que la prochaine fois j'amènerai ma boite et mon scotch, ce sera toujours ça de pris. Ca a beaucoup fait rire les ambulanciers aussi quand j'ai demandé MA boite. Ils ont dit non :(

Il m'explique qu'au mieux on pourra mettre une barre en titane dans le tibia, sinon des broches qu'il faudra retirer plus tard, et au pire si c'est vraiment de la bouillie et qu'il ne peut rien faire, mettre une cage à l’extérieur de la jambe comme on voit dans les films, et réduire la fracture comme ça. J'ai juste envie de vomir en entendant ça. Je peux aussi ne pas avoir de chirurgie et me faire poser un plâtre, mais ça veut dire risquer des os tous tordus. Tout dépendra de l’épanchement de sang et du gonflement de la jambe. Je passe en chirurgie à 5h, sauf si il y a un désistement, et je suis première sur la liste.
Du coup je passe un sale moment. Heureusement que j'ai Ben, qui découvre avec bonheur les tables d'hôpital qui se règlent en hauteur pour pouvoir jouer sur mon pc (du coup les infirmières vont en chercher une deuxième pour moi). Heureusement aussi que j'ai Alice parce qu'entre blogueurs on se comprend. Elle me fait des scénarios cochons avec mes pompiers et infirmiers. Je veux pas balancer hein, mais ça me retient de demander une overdose de doliprane jusqu'à l'opération! Merciiiiiiii!!!
On m'a demandé quelle religion j'avais. AU CAS OU JE MEURS.

Bref, arrive l'heure de descendre en chirurgie. Pleurer a eu du bon car personne n'a le droit de toucher à ma jambe: je préviens, je hurle. L'infirmier soulève mon drap et me dit qu'il doit vérifier si je n'ai pas d'autres bleus (pour ne pas que je pense qu'on a joué au rugby avec mon corps au bloc) et qu'on opère la bonne jambe. Oui enfin: J'AI UN PLÂTRE. A moins d'être bigleux.
Donc on descend mon lit d'hôpital entier par l’ascenseur et c'est un vrai cauchemar, on dirait une morgue géante, il fait très froid, c'est blanc. J'arrive en pré op et tous les lits sont vides, je suis peut être la dernière de la journée, tout le monde est fatigué et ils vont faire une erreur médicale, c'est sûr. Mais tout le monde est gentil et souriant, me dit de me détendre, que j'ai pas l'air bien... Je signe encore des trucs, on me demande mon poids, c'est pas le moment de mentir...
Et puis avec les 50 couvertures bouillantes qu'ils ont empilées sur moi, ils me conduisent dans la salle d'opération. Je suis persuadée que je vais me réveiller en plein milieu! Il y a au moins 12 personnes dans la salle, 2 qui discutent devant mes radios au fond. J'aime pas du tout l'infirmier à côté de moi mais il a l'air d'être parti pour rester à me tenir le bras. Tout le monde à l'air de super humeur en tout cas, c'est cool. L'anesthésiste me montre l'aiguille qui va aller dans l'IV et l'infirmier me dit qu'on va me porter sur la table d'opération. Ha non, je crois pas non. Mon chirurgien derrière moi explique que personne ne me touche jusqu'à ce que je dorme. Je vous ai dit que mon chirurgien s'appelle Docteur Shin? Et que le tibia se dit shin bone en anglais? J'ai plutôt confiance du coup.

Je ne me vois pas m'endormir mais le réveil est long. Au départ j'entends juste les annonces de l'hôpital, la messe qui va avoir lieu, les visiteurs qui doivent partir avant 9.30... Quand je me réveille pour de vrai, j'attrape le premier humain que je distingue et je demande à voir ma jambe (parce que si j'ai une cage autour de la jambe, la suite se fera sans moi, je préviens d'avance). Et j'ai juste une bande. L'infirmière me dit: tu vois, elle est toute petite ta jambe maintenant!
Je ne sais pas combien de sang j'ai perdu mais je n'ai pas eu de transfusion.
Je demande si je peux me rendormir car je suis très fatiguée et je n'ai pas dormi depuis 24h. Je crois que j'ai demandé 5 fois. On ne dort pas vraiment avec une anesthésie donc je lutte entre deux eaux. En tout cas je ne lâche pas la main que je trouve, il est hors de question qu'on me laisse toute seule. La pauvre tape à l'ordinateur à une main.
Je remonte dans ma chambre vers 10h du soir, 5h après être partie. J'ai à nouveau une radio vers 5h du matin (pas la peine d’espérer dormir à l'hôpital) et encore une fois il me fait hurler tout en restant complètement impassible. Il ose même ajouter: vous allez aller en chirurgie?
NON J'EN SORS.
Je ne dors encore pas, je ne mange pas. Le chirurgien m'a dit que la douleur serait pire après l'opération et il n'a pas eu tord. Je me tiens la jambe, je n'ai le droit qu'à un anti douleur qui ne marche pas toutes les deux heures. Je regarde la télé et j'appelle l'infirmière 15 minutes avant chaque piqûre pour essayer de gruger un peu mais ca ne marche pas. Une seule fois j'arriverai à avoir ma dose 20 minutes avant l'heure. Je demande des somnifères aussi mais je dois attendre le docteur à 7h. Elle arrive pile à l'heure et me prescrit des somnifères, mais l'infirmière suivante me dit que c'est le jour maintenant, donc pas de somnifères. J'ai des toast gluten free! Mieux que dans l'avion.
Le temps passe lentement, je dois voir un kiné. Les anti douleurs ne marchent toujours pas donc on teste des trucs. Ca aurait été sympa avec des drogues qui marchent.
La kiné me fait sortir du lit, je fais quelques sautillements jusqu'au mur et je suis sur le point de tomber dans les pommes donc on me remet au lit. Elle me dit que normalement personne n'arrive à sortir du lit le premier jour. PIÉGÉE ENCORE.
Je passe encore une nuit sans sommeil ou presque. Les somnifères me font dormir 10 minutes exactement. Ce qui est cool quand tu restes scotchée à l'horloge pour pas louper la prochaine piqûre.

J'ai une sorte de manche sport élec sur mon autre jambe pour maintenir les muscles en forme. Ca aussi c'est pratique pour dormir.
C'est le troisième jour enfin qu'on me trouve un cocktail qui fonctionne. A chaque injection c'est le paradis. Je me dis que c'est exactement ce qu'on ressent quand on prend de l’héroïne. Ca amuse l'infirmière car je passe des pleurs et des crispations au bonheur complet... Je sens le produit passer dans le bras, puis dans le cœur, puis partout. Il y a le câble, mais je regarde surtout des dessins animés, parfait pour fermer les yeux, et il y a aussi la chaîne de l'hôpital qui diffuse la messe, mais aussi des petites vidéos de relaxation. Le son sors de la télécommande donc je dors avec l'oreille dessus.
C'est mon anniversaire dans quelques jours et tout le personnel est content. Je leur explique qu'il n'y a pas moyen que je passe mon anniversaire ici. Alors quand les kinés suivants me disent que je suis jeune et en très bonne condition (si, c'est un compliment. Et j'ai fait en sorte de galoper tout autour du couloir avec une kiné qui tenait l'arrière de ma blouse, pour bien montrer qu'on aller pas me garder là longtemps) et que soit je peux aller dans la section de rééducation, ce qui veut dire partager ma chambre avec des personnes âgées malades mais plusieurs séances de kiné par jour, ou rentrer chez moi. Je choisis de rentrer, quitte à en baver. Le docteur me dit que c'est la première fois qu'une assurance médicale insiste pour qu'un patient reste plus longtemps (normalement ils vous foutent dehors dés qu'ils peuvent). J'ai quelques visiteurs, des fleurs et des cupcakes. J'ai des appels sur Skype. Bizarrement les gens ont l'air surpris quand je leur parle, je ne suis pas dans le coma pourtant!

Retour à la maison pour mon anniversaire.

De retour à la maison ca ne va pas vraiment, je ne peux absolument rien faire, je ne dors pas trop, j'ai très peur du noir, j'entends des voix, je fais des cauchemars monstrueux... Heureusement on a une chambre d'amis avec un lit à matelas dur et je me sens mieux que dans notre lit. J'ai une chouette fête d'anniversaire, et je reçois plein de cadeaux de mes copines de derby et autres amis. On m'a encore donné des drogues qui ne marchent pas. Je suis un peu énervée quand un infirmier qui vient me rendre visite à domicile me dit que je peux les couper en deux si c'est trop fort... Les somnifères que tout le monde me conseille ne marchent pas non plus.

Une des deux cartes géantes des copines de derby


Les semaines passent avec des hauts et des bas. J'ai ma première visite post op et on m'enlève mes agrafes. Les cicatrices sont petites en fait! Je sens les têtes des vis juste dessous. Je me déplace en béquilles ou fauteuil roulant quand il y a de la distance à faire (les gens sont gentils du coup, mais certains me regardent comme si je n'avais rien à faire en fauteuil vu que je n'ai pas de plâtre ni rien. Au pays des obèses en petits scooters électriques et places handicapées, c'est osé).

Maintenant ca fera presque deux mois et rien n'a vraiment changé à part la douleur qui a disparu. Je vais aller chez un kiné pour des massages. Je ne dors toujours pas bien, mais le manque d'activités est dur sur tous les points. Les os seront réparés dans 5 mois!

Niveau facture, on n'a pas encore celle de l'hôpital. Les urgences ont coûtées 7500 dollars (on ne devrait payer que 100 dollars sur la somme), environ 1000 dollars de pompiers et 1000 d'ambulance, qu'on ne paye pas de notre poche. La chirurgie sera le gros morceau donc on pense qu'on payera le maximum possible avec notre assurance pour un an (après ça, je peux me casser l'autre jambe, ce sera offert par la maison) soit 4000 dollars. C'est le pire du pire donc on s'y attend.
Sans assurance, tout ça sera de votre poche. Donc si vous partez en vacances ici, renseignez vous auprès de la sécu et de votre mutuelle. Si vous avez un bobo, allez dans une pharmacie, pas aux urgences.
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jeudi 1 mai 2014

Corporate America


Autant on adore la Californie pour son climat radieux, sa population chaleureuse, ses coutumes étranges et sa nourriture délicieuse, autant le monde du travail me laisse toujours aussi perplexe. Globalement la population est divisé en trois : 
-le fameux 1% : 1% de la population gagne plus de 400 000 dollars par an (ce qui correspond à la plus haute tranche d'imposition). En moyenne ils gagnent même 1,2 millions de dollars par an
-la classe moyenne : c'est assez dur à définir mais disons que ce sont les gens qui gagnent un salaire supérieur ou équivalent au salaire médian soit 66000 dollars par an en Californie
-la population vivant sous le seuil de pauvreté

Pendant longtemps la classe moyenne américaine était la plus aisée au monde. L'idée était simple : pendant que le 1% s'en mettait plein les fouilles, on promettait à la classe moyenne un accès facile à la propriété, une belle voiture et la possibilité d'envoyer ses enfants à l'université. Cela se traduisait par des salaires décents et un taux d'imposition relativement faible. Evidemment en pratique les choses se sont vite détériorées. Selon une étude du New York Times, le salaire médian n'a pas bougé d'un pouce depuis l'an 2000 alors que dans des pays comme le Canada ou le Royaume Uni il a augmenté de 20%. En clair la classe moyenne américaine ne s'enrichit pas. Elle s'appauvrit même puisque le coût de la vie a lui largement augmenté. Le prix du gallon d'essence tournait par exemple autour d'1,20 dollar en 2000. Il est maintenant à 4,50 dollar.


Le 1% de son côté se porte très bien. Une étude établie conjointement par les universités prestigieuses de Princeton et Northwestern explique que les USA ne sont plus démocratie mais une oligarchie. En clair, le pouvoir est détenue par une élite riche qui vote des politiques qui ne vont que dans leur sens. Sous Reagan puis sous Bush Junior, le 1% s'est voté des réductions d’impôts massives qui ont creusé la dette du pays ainsi que des lois permettant de déréguler la finance ce qui a conduit à la crise financière de 2008.


Bref, la classe moyenne ne peut pas compter sur le gouvernement pour lever le petit doigt pour elle. Quand une mesure sociale passe, c'est toujours un truc plein de consensus dont l'effet est quasiment insignifiant. Prenez la Obamacare par exemple. Elle ne procure par une assurance maladie gratuite et universelle pour tous les américains. Elle facilite juste l'accès à l'assurance maladie mais il faut toujours la payer de sa poche ou de celle de l'employeur s'il est généreux (ce n'est pas obligatoire).


Voilà pour la situation. A partir du moment où l'état ne prend rien en charge, il faut avoir constamment des liquidités pour pouvoir payer ses factures médicales, les études de ses gamins et sa retraite. Par exemple pour la retraire ils ont ce qu'on appelle le 401K. C'est un système qui consiste à mettre de côté chaque mois de l'argent sur un compte spécial et de le toucher quand on prend sa retraite. Si l'employeur est généreux (là encore ce n'est pas obligatoire), il va aussi mettre de l'argent sur votre 401K. Certains employeurs fortunés comme Google donnent même autant d'argent que vous. Il y a aussi un système de retraite par répartition comme en France qui permet de la toucher à taux plein à 62 ans.


Si vous perdez votre boulot, votre vie devient très rapidement un enfer. Vous ne mettez plus de côté pour la retraite. Vous perdez l'assurance maladie du boulot. C'est ce qui m'est arrivé quand j'ai quitté mon précédent boulot. A mon nouveau boulot, il faut 90 jours avant que l'assurance maladie ne prenne effet. Laetitia faisant du roller derby, on ne pouvait pas rester sans assurance. On a donc souscrit au système COBRA qui permet de conserver l'assurance maladie de son précédent boulot pendant un an sauf que cette fois ce n'est pas votre employeur qui paye mais vous. J'ai donc du payer 559 dollars par mois pour une assurance maladie franchement merdique.


Quand on se fait virer, on a le droit à une assurance chômage comme en France sauf que le montant est ridicule. En Californie le maximum qu'on puisse toucher est de 450 dollars par semaine. En clair, si vous n'avez pas d'argent de côté, il faut forcément déménager pour un appartement beaucoup moins cher voir squatter un pote/la famille sous peine de ne pas pouvoir rapidement payer les factures. De plus l'assurance chômage ne dure que 6 mois mais peut être étendue à un an. Accessoirement la plupart des gens ont un prêt étudiant énorme à rembourser.


Comment cela se passe quand on se fait virer ? C'est très simple. Vous êtes convoqué dans le bureau de votre chef ou d'un responsable des ressources humaines. On vous donne un chèque correspondant à vos heures qui n'ont pas encore été payées ainsi qu'aux jours de vacances qui vous restait, vous mettez vos affaires dans un carton et vous êtes escorté vers la sortie. Durée totale de l'ensemble : une heure. Il n'y a pas de préavis et l'employeur n'a pas besoin de raison. Vous pouvez essayer de les attaquer en justice mais le processus est long et vous n'êtes pas sûr de gagner. Quand vous êtes expatrié, vos collègues deviennent rapidement vos amis donc c'est assez dur à vivre surtout quand ils tombent à la pelle...


En clair, votre boulot est constamment précaire et le filet de sécurité au cas où vous vous faites virer est plutôt mince. Du coup la classe moyenne se bouffe entre elle. Très rapidement on passe du mode "travail" au mode "survie'. Cela signifie :

-assurer constamment ses arrières en cas de soucis et avoir des preuves (email et compagnie) qui montrent qu'on a fait son boulot
-monter en grade rapidement : plus vous montez les échelons et moins vous avez de chances de sauter à la moindre baisse d'activité ou au petit incident. Par contre si les problèmes s'accumulent, cela finira par vous retomber dessus. Accessoirement si le chef perçoit que vous êtes une menace, ce n'est pas très bon non plus.
-se rendre indispensable. Sautez sur la moindre occasion de prouvez vos talents, multipliez les casquettes et faites en sorte que les processus importants passent forcément par vous. Une méthode assez vicieuse mais efficace consiste à documenter le moins possible.
Cela ne signifie pas pour autant mentir et marcher sur la gueule des autres. C'est plus une manière de survivre dans un contexte assez étrange.

De manière assez surprenante, rares sont les américains qui appliquent cela. La plupart du temps ils font docilement ce qu'on leur dit de faire mais pas plus, n'ont pas beaucoup d'ambition et stagnent au même poste toute leur carrière. Ils font généralement bien leur boulot mais sont totalement déconnectés des réalités de ce monde. Du coup ils passent d'un boulot à l'autre généralement contre leur volonté et luttent pour avoir un semblant de stabilité. Cette situation crée un stress permanent chez les cadres dont ils ne peuvent pas beaucoup s'échapper du à leurs deux malheureuses semaines de vacances annuelles. Les heures supplémentaires sont plus encadrées qu'en France : on obtient soit une compensation financière soit des RTT. Par contre il vaut mieux éviter de refuser d'en faire.


La seule solution pour sortir de ce système vicieux consiste à obtenir un poste dans une grosse entreprise type Apple et compagnie. L'autre solution est de bosser dans le public. Dans les deux cas, les fameux benefits (assurance maladie, 401K...) sont énormes et les emplois sont bien plus stables. Ce sont ces grosse boites qui mènent la danse dans tous les domaines et qui font la pluie et le beau temps. La plupart des PME font tout pour bosser avec elles ou pour être rachetées par elles. Ce sont elles qui ont les capitaux et il faut montrer patte blanche sous peine de se prendre leur grosse pelle sur le coin de la gueule. Elles s'entendent entre elles sur les salaires et les stratégies, elles s'achètent des politiciens en toute légalité et mentent constamment au public à grands coups de publicités.

Là encore la classe moyenne a subi un lavage de cerveau collectif. Personne ne bouge le petit doigt quand il s'agit de réchauffement climatique mais quand il s'agit de défendre sa marque préférée les gens sont près à faire la queue pour être les premiers à acheter la dernière merdouille technologique. On a progressivement fait entrer dans l'esprit des gens que la consommation est un moyen d'expression et d'auto-affirmation. Alors que non. Vous n'êtes pas votre iPhone ou votre téléviseur Samsung. Ces entreprises se moquent totalement de vous et ne sont intéressés que par votre porte-feuille. Quand j'étais encore dans mon précédent boulot, j'allais prendre mon café chez Black Dog. C'était juste à côté, c'était pas cher, c'était super bon et c'était des indépendants. Une mom and pop store comme disent les américains. La plupart de mes collègues préféraient aller au Starbucks dégueulasse, bien plus cher et 100 mètres plus loin juste parce qu'ils gagnaient des points et qu'ils connaissaient. La peur de l'inconnu et l'attachement à une marque en somme...


J'ai un respect infini pour les artistes et les artisans, globalement tout ceux qui sont indépendants et/ou qui bossent de leurs mains. Au delà du fait qu'ils créent des choses que je ne pourrais jamais faire, c'est encore plus dur aux US qu'en France car des système comme la maison des artistes n'existent pas et la concurrence est encore plus dure. On fait croire aux artistes qui sortent de l'école qu'ils finiront tous chez Pixar tout comme on fait croire aux développeurs de jeu qu'ils bosseront tous chez Blizzard. En réalité les places sont très chères et les désillusions sont grandes. Quant à ceux qui arrivent à rentrer dans ces structures prestigieuses, ils bossent généralement comme des fous pendant quelques années à cause des deadlines irréalistes et finissent par craquer et changer de boulot. Les nouveaux systèmes de financement type Kickstarter changent un peu les choses mais il y a encore du boulot.


Malgré tout cela, les américains continuent de rêver. On en connait beaucoup qui veulent être acteur, scénariste, producteur... mais qui doivent se contenter en attendant d'un boulot classique pour payer leurs factures. Il y a aussi ceux qui pensent qu'en ayant la bonne idée et en rencontrant les bonnes personnes on peut faire fortune. Il y a toujours une volonté d'aller de l'avant, de créer des choses ou de la richesse, de fonder une famille... Les gens ont conscience que le système est faussé mais ne laissent pas tomber. Et dans un sens c'est rassurant. Par contre ils n'essayeront jamais de le changer. L'idée est qu'en acceptant la chose et en se débrouillant bien on finisse par faire partie de ceux qui profitent du système plutôt que de ceux qui le subissent. Et puis après tout la situation n'est pas si grave tant que Game Of Thrones passe à la télé, que le vin coule à flot et que la weed est forte..


Quand ils s'organisent, ils arrivent parfois à créer des syndicats. Ce sont littéralement des mafias. Ces syndicats ne protègent que leurs membres et gare à ceux qui ne respectent pas les règles. Ils sont très présents dans le milieu du cinéma. Par exemple si vous êtes membre de la Directors' Guild Of America (DGA), vous ne pouvez accepter des emplois uniquement approuvés par la DGA. Si vous bossez en dehors de la DGA, vous êtes exclus. Un de nos amis doit employer un faux nom sur des tournages qui ne sont pas affiliés à la DGA... Ces syndicats sont aussi très présents dans les transports. Ils ne font que rarement grève mais quand c'est le cas tout le monde est obligé de faire grève même ceux qui ont envie de bosser. Mais là encore le système est aberrant. La majorité des travailleurs ne dispose pas de syndicat pour se défendre mais les joueurs de hockey ou de football américain ont par contre le leur et font grève pour ajouter quelques millions à leurs contrats...


Quoi qu'il en soit, il faut que les choses changent. Les US ont besoin d'une révolution et vite. La vie sera encore plus dure pour la prochaine génération. Le prix des études et des dépenses médicales va augmenter de plus en plus. Les bouleversements climatiques et les erreurs faites en matière d'agriculture vont rendre les produits de consommation courante de plus en plus chers. La concurrence des pays émergents (Chine, Brésil, Inde, Russie...) va accroître la pression sur le marché du travail. Sans une remise à plat des richesses et des pouvoirs, la civilisation occidentale court droit à sa perte comme l'explique une étude de la NASA.


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mercredi 23 avril 2014

Bilan, et annonce du concours!

Le blog date de janvier 2010 et pour l'accompagner, la page Facebook a été créée le 19 avril 2011. Trois ans plus tard, la page Facebook atteint les 1500 likes et le blog approche le million et demi de pages vues et google.fr reste mon fournisseur de lecteurs officiel. Le mot clef le plus recherché de tout temps sur le blog est... Christian Bale, Los Angeles n'arrive que 4ème! Mais "Los Angeles" reste le terme le plus recherché dans les périodes récentes.
Les visiteurs les plus assidus sont les Francais, puis les Américains (ou Francophones d'Amérique je suppose!), puis les Belges, Canadiens et Suisses, suivi de l'Allemagne, le Royaume Uni, la Chine, l'Ukraine et le Maroc.
Il y a 2500 commentaires sur 461 articles.

Pour répondre aux questions les plus courantes:
~ Il y a environ 2000 pages vues par jour.
~ Non, le blog ne nous rapporte pas d'argent, il nous coûte un petit peu d'argent pour les noms de domaine et Google Drive pour héberger les photos en haute qualité sur le blog. Pas de pub, comme vous pouvez le constater. Vous n'êtes pas des clients, nous ne sommes pas un service.
~ On blogue parce que c'est rigolo, on adore écrire (Ben écrit pour un site de jeux vidéos), on adore prendre des photos et raconter nos voyages et nos impressions.
~ Le blog n'est pas à l'arrêt, c'est juste que Ben a un nouveau job, et donc pas de vacances. J'ai aussi du mal à comprendre où les autres blogueurs trouvent l'argent et le temps pour faire autant de voyages (mais heureusement qu'ils bloguent pour qu'on puisse en profiter)! On a ni l'un ni l'autre mais on a des projets comme Seattle dans un mois et Santa Fe en juillet, et encore un saut à San Diego en septembre, mais toujours sur des week ends hyper calibrés. Et il faut bien dire qu'on a fait énormément de choses dans le coin déjà, en 4 ans et demi, vous vous en doutez bien.
~ Le futur, on n'y pense vraiment pas. On met de l'argent de côté évidemment, mais on prodite bien de la vie également tant qu'on est jeunes et en bonne santé. On ne sait pas si on va obtenir une carte verte un jour, ni même si on en veut vraiment une... C'est pesant d'être loin des gens qui comptent et pour qui on compte, mais la vie est tellement parfaite ici que c'est vraiment l'une des seules choses qui nous fait réfléchir. Les amis qu'on se fait ici vont et viennent, vont plus que viennent. Donc on ne sait absolument pas où on sera fin 2016 (la fin de notre visa). Ce serait sympa d'aller vivre dans une nouvelle ville des Etats Unis, mais pour Ben, c'est L.A. ou rien! Une carte verte nous rendrait plus libres dans nos choix et déplacements. Avec un visa, pas beaucoup le droit à l'erreur.

Maintenant qu'on a fait le petit bilan, on peut enfin passer au concours!



À gagner, des bons trucs bien touristiques, un mug I love LA, 3 T shirts (des Tshirts de touristes, mais aussi des goodies Derby Dolls pour ceux qui préfèrent) et en premier lot, mon guide favori sur la ville bien évidemment! Cinq lots à gagner donc, avec dans les prochains jours la première partie du concours avec un quizz sur la ville et le blog, puis plus tard la seconde partie avec un tirage au sort parmi ceux qui ont eu tout bon!
Les réponses se feront via Facebook par messages privés, la première étape est donc d'aller liker la page!

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lundi 7 avril 2014

Les 10 conseils pour survivre en Californie

On a fait beaucoup d'articles spécifiques sur les différences importantes entre la France et la Californie. Mais je pense qu'il est temps de faire un résumé, surtout que personne ne semble voir les onglets où on classe la plupart des articles... Bien sûr, l'un des hit du blog c'est l'article qui vous explique comment être sûr de bien rater vos vacances ici!

1) La conduite.

On ne conduit pas ici comme on conduit en Europe. Vous vous ferez vite aux automatiques, par contre si vous ne faites pas attention, votre budget sera vite englouti dans les contraventions. Les gens ne roulent pas vite ici, vous avez tout le temps du monde pour bien lire les panneaux. On ne s'est jamais pris une seule amende en plus de 4 ans, vous pouvez y arriver en une semaine!

2) Le pourboire

Récemment j'ai appris qu'un Américain ne laisse pas de pourboire une fois sur trois. Ca m'a beaucoup étonnée puisque c'est vraiment quelque chose d'automatique. Au restaurant, au bar, à l'hôtel... laissez des pourboires!! Il y a même des apps pour vous aider (tip calculator). Si vous ne savez pas, demandez.

Bonus: Laisser sa petite monnaie est beaucoup plus insultant que ne rien laisser du tout. Si vous considérez que vous n'avez pas assez pour le pourboire, choisissez un fast food (il y a des tonnes de fast food sain comme Baja fresh ou Wahoo's et on ne donne pas de pourboire). Vous avez les moyens de venir en vacances ici: votre serveur en bave certainement pour payer son loyer.

3) Les taxes

Les taxes ne sont pas incluses dans la plupart des prix. Ne soyez pas surpris si le prix à la caisse est plus élevé qu' indiqué, c'est normal.

4) Dans la rue

En France, j'étais devenue agoraphobe. Si vous vivez dans une grande ville, vous êtes habitués aux sans abris qui vous harcèlent et/ou vous insultent, à ceux qui veulent votre numéro, ceux qui veulent vous vendre des conneries... Enfin en gros, vous êtes sur la défensive tout le temps. Ici c'est bien différent. L'espace vital est un concept très important et quelqu'un qui l'envahi va se confondre en excuses (oui, même les conducteurs de poussettes s'excusent quand vous les laissez passer et ne vous roulent pas sur les pieds). Scarlet Johanson à déménagé à Paris récemment et c'est ce qui l'a marqué le plus: les gens se poussent et ne font pas trop attention aux autres dans les espaces publics. Elle a appris à donner des coups d'épaules.
Donc ici, pas d'inquiétude. Au pire ignorez les gens qui veulent vous refiler des CDs (c'est la mode en ce moment dans les coins touristiques) mais aussi ne prenez pas les artistes de rue (les gens déguisés sur Hollywood boulevard, ou les oeuvres sur Venice beach) en photo sans donner un billet en échange! Ils ne sont pas là pour le plaisir mais pour gagner leur vie.

Bonus: Oui mesdames, ici vous pouvez porter mini short et top fluo sans vous faire remarquer et même si vous considérez que vous ne correspondez pas aux canons de beauté: tout le monde s'en fout, profitez-en!

5) Le chit chat

Encore une fois, ne soyez pas sur la défensive: l'américain veut toujours parler, vous aurez sa biographie en 10 minutes. Dans le bus, au restau, à la caisse, dans les filles d'attente, ils voudront tout savoir sur vous et vice versa.
C'est très perturbant au début et il m'a fallu du temps pour m'y faire, tellement habitués qu'on est à se voir demander de l'argent ou autres faveurs à la fin d'une conversation avec un étranger en France...
Pas de soucis, ils veulent juste être gentils, voir même vous aider!

6) L'organisation

On n'est pas des grands voyageurs. J'étais à peine sortie de la France avant d'arriver ici, et pourtant, quand on se déplace maintenant on organise tout pour profiter à fond.
Ce blog n'est pas fait du tout pour aider qui que ce soit, on y relate nos états d'âme et ce qu'on fait dans notre nouvelle vie, d'où le nom du blog. On n'est pas un service d'immigration et on ne vous aidera pas dans vos démarches parce qu'on y connait rien (on a des avocats qui font ca pour nous) et on ne vous organisera pas votre voyage (je peux revoir votre planning ou répondre à des questions précises mais je ne suis pas agent de voyage gratos).
Pour ca c'est pas compliqué, il y a des milliers de sites de voyages et d'autres pour bien vous aider . Et des guides papiers, nom de Dieu! Ca coûte pas cher et ca va vous sauver la vie!
Et puis si vous cherchez un guide, ou une chambre à louer, on est toujours dispos.

7) La bouffe

Honnêtement, c'est le paradis ici. Beaucoup de dinners ouverts 24h/24 mais les restaurants classiques ferment leur cuisine tôt le soir. A côté de ca, vous pouvez manger ce qu vous voulez tout au long de la journée et on s'y fait vite. Il m'arrive souvent d'aller déjeuner à 3h de l'après midi sans me poser de questions (et non, je ne suis pas devenue obèse).
Les Américains mangent très vite. Vos voisins de tables seront probablement arrivés après vous et repartis avant. Aller au restaurant n'est pas vraiment une sortie ici.
Pas vraiment d'étiquette à respecter: vous pouvez boire ce que vous voulez pendant le repas (les boissons soft sont peu chères et servies à volonté), ne prendre qu'une entrée ( attention: entrée sur le menu en anglais veut dire plat principal. Appetizer est une entrée), vous pouvez remplacer la viande ou le pain ou pratiquement n'importe quel ingrédient...
D'ailleurs, comme tout le monde, vous risquez de vous retrouvez sans voix devant les nombreux choix... Par exemple, les oeufs sont servis d'une dizaine de facons différentes et il y a toujours 40 sauces différentes pour tout. Demandez des échantillons de sauces pour goûter et montrez les photos sur le menu si c'est ce que vous voulez commander.
Ne commandez pas entrée/plat/dessert: il y a des chances pour qu'íls vous apportent tout d'un coup mais surtout les portions sont énormes. Prenez un appetizer (c'est la plupart du temps à partager) si vous n'avez pas trop faim ou juste un plat principal. Vous aurez le temps pour juste un dessert plus tard au pire! Il y a des tonnes de magasins de glaces ou de pâtisseries...

Bonus: utilisez Yelp pour trouver de bons resto. Il y a une liste des restos qu'on aime sous l'onglet "A voir à Los Angeles". Après je ne connais pas vos goûts ni votre budget, et il y a des milliers de restaurants à Los Angeles. Si vous mangez mal, c'est de votre faute! Parce qu'entre Fatbuger (oui, c'est une vraie chaîne) et l'un des nombreux restaurants végétalien/macrobiotique de la ville, vous avez de quoi faire.


8) La météo

La Californie a cette réputation d'avoir la météo parfaite. Mais l'état fait la taille de l'Italie, donc vous vous doutez bien qu'il y a des écarts de températures considérables entre le Nord et le Sud par exemple.
Pour rester sur Los Angeles, plus vous irez vers la mer, plus frais il fera. Plus vous irez vers l'Est, plus chaud vous aurez (jusqu'à ce que vous arriviez dans le désert. Il fera évidemment plus froid si vous allez en montagne). La Vallée peut être étouffante ( c'est là où se trouve Universal et Warner par exemple) quand il fait plus tempéré dans le Bassin.
Ainsi, s'habiller pour une journée complète peut être difficile. Essayez d'avoir un pantalon et une veste et un pull dans le coffre si vous partez le matin et rentrez le soir. La température tombe vite au coucher du soleil, comme dans le désert.

Bonus: n'enlevez jamais votre t shirt lors d'une balade: vous allez vous déshydrater très vite.
Prenez toujours de l'eau est une crème solaire (et pas de l'indice 15. Vos collègues ne seront pas jaloux de votre nez qui pèle). Buvez beaucoup, il y a des toilettes partout, gratuites et propres donc restez hydratés!


9) Le parking

Là encore vous êtes habitués si vous vivez dans une grande ville: le parking c'est cher! Ca pourra facilement monter à 20 dollars en weekend pour un événement important. Le parking est parfois vendu avec les tickets pour l'événement en question. Il sera quasiment impossible de trouver des places gratuites, et comme précisé dans l'article sur la conduite (voir numéro 1) il y a des grandes chances pour que ce soit limité à quelques heures voire carrément interdit, et vous ne voulez pas aller retrouver votre voiture de location à la fourrière.
Si il y a un valet, n'hésitez pas si vous n'êtes pas sûrs de votre coup. Ayez toujours de la monnaie sur vous et préférez payer plutôt que d'en avoir pour beaucoup plus cher en amende ou en fourrière.

Bonus: si vous vous garez dans un parking en plein air, méfiez vous. Le gars à qui vous donnez l'argent n'est peut être pas du tout le gardien, et ne laissez rien dans la voiture.


10) Le week end

Evidemment vous voulez faire la fête comme les locaux! Mais voilà, les locaux ne font pas la fête le week end. Pourquoi? Parce que tout est blindé. Imaginez 6 millions d'habitants qui sortent tous en même temps?
Tous les concerts sont complets des mois à l'avance et hors de prix, les bars sont bondés et payants, les boîtes de nuit aussi (d'ailleurs il faut s'inscrire sur des listes à l'avance pour les boîtes). A moins que vous soyez fans des files d'attente sans garantie d'entrée (vous êtes peut être devenus pro après Disney et Universal!), ne sortez pas le week end.
On vous conseille les jeudis soirs, c'est souvent là où il y a des soirées spéciales! La semaine est toujours très animée. Des idées? Trouvez un LA Weekly, ou lisez le en ligne.



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